09.11.2009
9 NOVEMBRE 1989 : QUE CELEBRE T-ON ?
9 novembre 1989, jour de joie pour tous ces futurs "Ossies", heureux de sortir de cet Etat-prison qu'était la RDA. Et je me souviens avec émotion de toutes ces images si inattendues, car qui aurait cru voir un jour la chute du Mur et du "rideau de fer" ?
Etait-ce une chance pour la France ? La question posée par Eric Zemmour samedi sur une chaîne de télévision, et qui semble avoir choqué beaucoup de monde, est pourtant une bonne question.
Célèbrer la chute du Mur est une chose, mais célèbrer en même temps la réunification allemande en est une autre : le Mur tombé, la RDA aurait pu prendre un autre chemin, en devenant un Etat démocratique indépendant suivant sa propre voie, au lieu d'entrer dans la "république fédérale allemande".
En discutant avec des Allemands de l'Est, j'ai pu constater combien ils voulaient plus de libertés, mais qu'ils ne voulaient pas abandonner les "acquis sociaux" du régime en place (je pense notamment à la politique familiale). Ce n'est pas ce qui a été fait, et il ne faut pas s'étonner que "l'ostalgie" se répande actuellement à l'Est. "Tout ça pour ça !", pourrions-nous dire en tant qu'anticommunistes : voilà que 20 ans après la chute du mur, beaucoup d'Allemands de l'Est en viennent à regretter la RDA. Faut le faire ! C'est bien la preuve qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans cette "réunification".
Peut-être aurait-il fallu écouter la population d'Allemagne de l'Est, au lieu de lui imposer, à marche forcée, et avec la bénédiction de "l'Europe", le modèle ouest-allemand. Peut-être aurait-il fallu aider la RDA à devenir et à rester un Etat indépendant, bâtissant sa propre voie démocratique ?
Cela n'a pas été fait, et les conséquences géopolitiques de la "réunification" allemande se font aujourd(hui de plus en plus sentir, notamment pour la France. C'est là je pense tout le sens de la question d'Eric Zemmour : "l'Allemagne est de retour", au plan européen et mondial, face à une France affaiblie. Le déséquilibre est flagrant, et il ne sert à rien de se le cacher, sous couvert d'"Europe" ou de convergences ponctuelles. Relisons Pierre Hillard sur les visées allemandes en Europe ! Et rappelons nous qu'en politique extérieure, la seule morale qui vaille est celle de l'intérêt national, surtout dans un monde qui ne reconnait aucune valeur objective, ou supérieure à l'Homme.
La chute du Mur de Berlin est donc bien un évènement fondateur. Mais que célèbre t-on ce 9 novembre : "Wir sind das Volk" ("Nous sommes le peuple") ou "Wir sind ein Volk" ("Nous sommes un peuple") ?
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27.10.2009
Claus von Stauffenberg : un homme d’honneur
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26.10.2009
La découverte de l’électeur turc en Allemagne.
A lire sur : http://ovipot.blogspot.com/search?updated-max=2009-10-04T...
2 octobre 2009
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Le paradoxe de l'électeur turc en Allemagne.
A lire sur : http://ovipot.blogspot.com/search?updated-max=2009-10-11T...
9 octobre 2009
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24.10.2009
BAVIERE : L'IDEE D'INDEPENDANCE GAGNE DU TERRAIN
C'est ce qui ressort à la lecture d'un rapport publié par l'institut HANNS SEIDEL STIFTUNG : Heimatgefühl und Leben in Bayern
à lire en allemand sur : http://www.hss.de/uploads/tx_ddceventsbrowser/Generatione... (pages 41 et 42)
Ils n'étaient que 24% en 2003; ils sont aujourd'hui 39% des bavarois à vouloir plus d'indépendance pour "l'Etat libre" de Bavière (page 41).
Voir également : http://forum.politik.de/forum/showthread.php?t=184765
Le parti bavarois indépendantiste bavarois "BAYERN PARTEI" s'en réjouit : http://landesverband.bayernpartei.de/
Reste pour lui à concrétiser cela dans les urnes.
Ses arguments pour l'indépendance d'un Etat qui fut rattaché de force à l'Allemagne en 1945 (en 1949, la Bavière refusa la "loi fondamentale" allemande, mais fut obligée de s'incliner sous la pression des Alliés) : http://landesverband.bayernpartei.de/?page_id=464
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27.02.2009
EUTHANASIE : D'HITLER A AUJOURD'HUI
Jean Chaunu, dans un article politiquement incorrect, rapproche "les pratiques euthanasiques du national-socialisme et celles qui sont de nos jours ardemment revendiquées par de dignes personnalités du monde médiatico-médical"
Certes, les bonnes consciences vous diront que, chez les nazis, l'euthanasie était la mise à mort de quelqu'un qui ne le voulait pas, tandis qu'aujourd'hui il s'agit de demandes réfléchies et raisonnées de malades en fin de vie connaissant des douleurs intolérables...
"l'horreur est dans la clandestinité, pas dans l'acte en lui-même réduit à l'insignifiance. L'histoire de la loi Veil, de ses prolégomènes, nous l'a bien appris. C'est la raison pour laquelle le Grand Orient qui est une société transparente abhorrant la clandestinité, prônant les lumières de la raison à huis-clos a tant fait pour cette loi."

Sauf qu'Ah "un détail infime a semé le trouble dans ma bonne conscience. [...] Le 1er septembre 1939, Hitler autorise le programme “T4” par une simple note ICI :
« Le Reichsleiter Bouhler et le docteur en médecine Brandt sont chargés, sous leur responsabilité, d'étendre les attributions de certains médecins désignés par eux, les autorisant à accorder une mort miséricordieuse aux malades qui auront été jugés incurables selon une appréciation aussi rigoureuse que possible. »
Là, c'est le choc. Ce mot si noble de mort miséricordieuse (on dirait aujourd'hui «le droit à mourir dans la dignité») que les nazis osent employer ne suffirait donc pas à nous rassurer sur leurs mauvaises intentions. Pas même l'appréciation aussi rigoureuse que possible. [...] Qui va définir qu'une vie ne mérite plus de se prolonger ? Dans l'exemple cité ici, le corps médical selon les normes du national socialisme. Vous voyez bien, me dites vous, qu'il s'agit d'une euthanasie totalitaire. C'est l'État qui choisit à la place de l'individu. Le progrès, c'est que l'individu choisisse lui même et que l'appareil médical s'exécute [...].
Va-t-on refuser à l'individu de débrancher sous prétexte qu'il avance des arguments national-socialistes pour justifier sa mise à mort ? La réponse mérite qu'on s'y arrête. Supposons qu'un malade (mental évidemment) déclare à son médecin qu'il n'est plus digne de vivre parce [...] qu'il coûte cher à la Sécu, etc. Devrait-on repousser sa requête inspirée d'un idéal élevé du sacrifice par intolérance envers des arguments néonazis ? [...] Supposons que ces arguments soient pris en compte ou qu'ils soient mis sur le même plan que les arguments sensibles, la souffrance insupportable, etc. Dois-je conclure que la conception du monde national--socialiste est comparable à la conception individualiste, utilitaro-hédoniste...? [...]
Au nom de quoi déciderions nous que l'euthanasie individualiste et compassionnelle serait plus recevable que celle d'un État prenant ses dispositions pour éliminer quelques indésirables ? [...] Au nom de quel jugement de valeur, les normes éliminant les estropiés d'hier seraient-elles plus honteuses que celles d'aujourd'hui puisque le mal absolu, convenons-en une fois pour toutes, c'est d'être estropié ? [...] Nous pouvons donc tous devenir des individus nazis dans un État libéral prêts à faire le sacrifice de nos vies inutiles et une législation compassionnelle peut nous aider à concrétiser nos dernières volontés tout en faisant des économies dans les hôpitaux."
Source : lesalonbeige
19:15 Publié dans ALLEMAGNE, HISTOIRE, SOCIETE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chalons en champagne, reims, politique, marne, front national, fn, européennes 2009
06.02.2009
La nouvelle couvait depuis de nombreux mois…Leur arrivée se précise…
Certes, ils ne défileront pas au pas de l’oie sur les Champs Elysées…500 soldats allemands viendraient se caserner à Colmar
Il y a peu, nous signalions les prémices…

« très embarrassé… » Jean-Marie Bockel
La nouvelle couvait depuis de nombreux mois…
Le 9 décembre 2008

L’Allemagne est prête à nous envoyer des soldats. Confirmation de Thomas Steg, porte-parole du gouvernement fédéral, à la suite du sommet franco-allemand qui s’est tenu à l’Elysée mercredi 3 décembre 2008…
Lire la suite...
Ce délicat sujet a bien été évoqué par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel :
«La chancelière a dit qu’elle était prête à ce que des soldats allemands soient stationnés en France». Etl’Elysée approuve.
Relire : sur les lesmanantsduroi.com
L’excellent « blogue » de Jean-Dominique Merchet nous en apprend plus…
Les troupes allemandes s'installeraient à Colmar, affirme Der Spiegel
Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, la chancelière Angela Merkel aurait décidé, la semaine dernière, de l'installation en France d'un bataillon (env. 500 hommes) de la Bundeswehr. Les soldats allemands viendraient à Colmar, à l'automne prochain. L'annonce officielle devrait en être faite, début février à Munich, lorsque Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se rendront de concert à la Conférence sur la sécurité (Wehrkunde) de Munich.
Le journal allemand affirme également que Paris rapatrierait en France le 3ème régiment de Hussards (Immendigen), ne maintenant outre-Rhin que le 110 ème Régiment d'Infanterie (Donaueschingen) et les élements français de commandement et de soutien (Mühlheim) de la Brigade franco-allemande.
Côté français, les réactions sont très embarassées, à l'image de celle de Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la Défense (et maire de Mulhouse) interrogé par l'Alsace : "Le site d’implantation d’un bataillon allemand en France n’est pas établi aujourd’hui. L’hypothèse colmarienne n’est pas du tout celle que nous défendrons, car nous avons d’autres propositions à formuler ».
D'autres sites avaient en effet été évoqués, comme Strasbourg (qui aurait la faveur des autorités françaises, selon les Dernières Nouvelles d'Alsace), Metz ou Bitche. Les Allemands souhaitent une implantation proche de leurs frontières, même si la partie expliquait, en off, que l'armée allemande n'a pas forcément vocation à s'installer en Alsace-Lorraine. Le camp de Canjuers (Var) a été proposé à Berlin, qui a refusé.
==> secretdefense.blogs.liberation.fr
L’Allemagne est d’accord pour implanter des militaires en France. Colmar s’ajoute à une liste de plusieurs villes possibles.
Angela Merkel aurait donné son feu vert à l’arrivée de 500 soldats allemands à Colmar. Cette information sera publiée lundi dans l’hebdomadaire Der Spiegel. La chancelière aurait donné cette instruction au ministre allemand de la Défense ces jours-ci. Le secrétaire d’État à la Défense, Jean-Marie Bockel, a réagi prudemment (lire encadré) à cette annonce qui semble embarrasser quelque peu la France alors que la négociation est loin d’être achevée entre les deux nations.
La véritable nouveauté de cette information réside dans le lieu d’implantation de ce bataillon de la Bundeswehr. À la fin de l’année dernière, l’arrivée d’une unité allemande en France avait déjà été révélée (nos éditions du 27 novembre 2008). Trois villes étaient pressenties pour accueillir des militaires allemands : Bitche, Metz et Strasbourg. Berlin ne cachait pas sa préférence pour la capitale alsacienne, d’autant que Strasbourg abrite déjà le quartier général du Corps européen. Le revirement allemand est donc surprenant et laisse imaginer qu’au sein de la République fédérale, l’unanimité est loin d’être faite sur ce dossier.
Bras de fer entre les deux pays
Cette nouvelle candidature brouille un peu plus les cartes d’un bras de fer entre les deux pays, entamé en juin dernier quand la France avait annoncé que les unités françaises de la Brigade franco-allemande seraient rapatriées. Les Allemands avaient vigoureusement réagi, au point que Paris avait rapidement fait marche arrière et clamé que la BFA ne serait pas dissoute, mais qu’elle demeurerait à « effectifs constants ». Le quartier général de Müllheim sera maintenu, tout comme le 110e régiment d’infanterie à Donaueschingen. En revanche, le 3e régiment de hussards d’Immendingen sera dissous. Il devrait être remplacé, au sein de la Brigade franco-allemande, par une autre unité de cavalerie légère qui resterait, elle, stationnée en France.
Dans cette affaire, qui a pris des allures de marchandage politique, la France a obtenu, lors du dernier conseil de défense franco-allemand qui se tenait à Paris en décembre dernier, que Berlin accepte de baser dans l’Hexagone une unité de la Bundeswehr.
Colmar ou Meyenheim ?
D’après nos informations, il s’agissait de l’équivalent d’une compagnie. Cette centaine d’hommes aurait eu valeur de symbole et aurait été facile à caser dans une garnison existante.
En revanche, si l’hypothèse des 500 soldats allemands est confirmée, il s’agit là d’une unité que l’on ne peut installer que dans une caserne conséquente. La question qui se pose est de savoir si Colmar, qui abrite déjà le 152e régiment d’infanterie, a la place suffisante pour accueillir quelques centaines de soldats supplémentaires et leur matériel.
À moins qu’il ne s’agisse de Colmar-Meyenheim.

La base aérienne va perdre dans les prochains mois ses avions. Elle doit accueillir à la place le célèbre régiment de marche du Tchad et ses quelque 1 100 militaires. Autrement dit, le sort du RMT serait remis en question, ce qui paraît étonnant, d’autant plus que les cadres du régiment sont déjà venus à plusieurs reprises sur place pour étudier les détails de l’implantation de leur unité.
L’annonce de l’arrivée de militaires allemands en France devrait, quelle que soit la garnison choisie, être confirmée lors d’un sommet entre les deux pays qui se tiendra à Munich début février. D’ici là, toutes les options restent ouvertes.
Source : lalsace.fr
10:01 Publié dans ALLEMAGNE, EUROPE, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chalons en champagne, reims, politique, marne, front national, fn, européennes 2009
29.07.2008
QUAND UNE CHINOISE CHANTE EN ALLEMAND
Ling - Medley Schlager 2008
05:14 Publié dans ALLEMAGNE, INTERNATIONAL, MUSIQUE ET CHANSONS | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chalons en champagne, reims, politique, marne, front national, fn, marine le pen
16.07.2008
Le mariage musulman reconnu par la loi en Allemagne
Les Allemands pourront, à partir de l'an prochain, se marier religieusement sans s'être auparavant mariés à la mairie… mais ce mariage ne sera pas reconnu par l'Etat.
Cette réforme, votée l'an dernier par les députés allemands dans le cadre d'une loi sur l'état-civil, était passée totalement inaperçue depuis lors, mais a été révélée hier par le Süddeutsche Zeitung.

Depuis 1875, les prêtres et pasteurs allemands n'avaient pas le droit, sous peine de sanctions pénales, d'unir par le mariage religieux un couple qui ne se serait pas marié civilement au préalable (Bismarck avait précédé les anticléricaux français).
En supprimant ce point de la loi, le législateur allemand avait argué début 2007 que le contexte actuel n'avait plus rien à voir avec celui de la fin du XIXe siècle, et qu'il n'était désormais plus nécessaire d'imposer par la loi la prééminence du civil sur le religieux.
« Il est difficile de prévoir si cette réforme va avoir des conséquences importantes », dit à l'AFP Dieter Schwab, professeur de droit de la famille à l'Université de Ratisbonne. « On peut supposer que peu de couples en feront usage, car s'ils ne se marient pas à la mairie, ils n'auront aucun des avantages du mariage en terme de patrimoine, d'héritage, de fiscalité ».
Comme les Eglises chrétiennes n’avaient rien demandé, il est probable qu’il s’agisse en fait d’une mesure destinée à satisfaire les islamistes.

En France, les maires constatent que les couples musulmans qui se marient ne demandent presque jamais le certificat attestant qu’ils sont passés à la mairie. Cela veut dire qu’ils sont déjà mariés devant l’imam, en contravention avec la loi. Les Allemands abolissent cette loi, qui permettra aux musulmans qui rejettent le mariage civil laïque des « mécréants » de se marier seulement devant l’imam. Ceci implique naturellement que les affaires de divorce et autres affaires matrimoniales ne passeront plus par les juridictions civiles (puisque ces couples ne seront pas civilement mariés) mais par des tribunaux islamiques.
Source :
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26.06.2008
TURQUIE-ALLEMAGNE / Bien plus qu'un match de football !
L'essayiste allemande Mely Kiyak décrypte les enjeux de la demi-finale de l'Euro 2008 qui verra l'Allemagne et la Turquie s'affronter le 25 juin. Une rencontre qui permet toutes sortes de récupérations nationalistes.
Berlin. Coup de sifflet final, les joueurs croates en larmes sur la pelouse, une mer de drapeaux rouge et blanc qui s'agite dans les gradins et quelques minutes plus tard Fatih Terim, le sélectionneur turc, qui déclare : "Il est important pour nous que notre peuple nous voie dans cette situation." Et il ajoute : "Quand notre peuple est fier de nous, nous sommes fiers de notre peuple." Ce sont des phrases qui restent. On a là le répertoire turc dans toute sa splendeur, l'opulence orientale, on en entend littéralement la pâte feuilletée craquer, on en sent, s'élevant du verre de thé, le parfum de bergamote.
Qu'on s'imagine un peu Joachim Löw, le sélectionneur allemand, prononcer de tels propos après l'accession de l'équipe allemande à la demi-finale. Impensable. Le répertoire de triomphe allemand est complètement différent, les mots comme "Allemagne", "peuple" et "fierté" y sont remplacés par "notre équipe", "nous", "joie et soulagement", "le soutien des supporters". Tout cela sent le programme d'entraînement du vendredi : vélo pour la détente musculaire et visite des familles pour la récupération.
Rien ne permet mieux de mesurer le dynamisme d'un peuple que les commentaires du sélectionneur après un match de football. Car, contrairement à toutes les rumeurs, un match de football, c'est aussi une lutte entre identités nationales. Après tout,on parle bien d'équipe nationale, d'hymne national. Ne nous leurrons pas : l'idée que les 2,8 millions d'Allemands d'origine turque puissent mercredi soutenir en majorité l'équipe allemande est tout simplement ridicule. Ce groupe de population est sous-représenté dans toutes les couches sociales sauf une, et celle-ci se situe plutôt dans le bas. Il n'a pas de modèles accessibles, les personnalités comme le réalisateur Fatih Akin ou le député européen Cem Özdemir sont trop peu nombreuses et trop élevées. Il ne lui reste finalement que quelques musiciens et les sportifs.
Cette communauté n'a donc pas de sentiment d'appartenance. Plus un immigré d'origine turque semble être "arrivé", par l'éducation ou la richesse, moins il a besoin de représentants qui mènent pour lui la lutte pour l'identité nationale. Cette règle connaît des exceptions : on peut parfois voir des universitaires arborer les insignes de l'organisation d'extrême droite les Loups gris. "Je suis très heureux que la Turquie affronte l'Allemagne. Peu importe qui gagnera", se félicite Korso, un supporter turc rencontré sur le Kurfürstendamm, à Berlin. Ce qui signifie en clair : nous sommes enfin à égalité.
On peut repérer le complexe d'infériorité de ce groupe négligé politiquement et socialement, qui a encore soif d'égalité alors qu'il en est à la troisième génération, autant dans l'ivresse de la victoire que dans le désespoir de la défaite. Le fait qu'il ne soit pas pris en compte par la majorité de la société laisse le champ libre à des tentatives de récupération nationaliste : que ce soit dans les journaux et sur les chaînes turcophones ou dans les propos du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, quand, en visite à Cologne au printemps, il a adressé à ses électeurs allemands d'origine turque une déclaration d'amour pathétiquement tonitruante ("Nous ne vous avons pas oubliés, vous faites partie de nous"). On a du mal à imaginer Maria Böhmer, la ministre déléguée à l'Intégration, ou la chancelière Angela Merkel s'adresser en ces termes à cette communauté désorientée – même si la question n'est pas là – ou reprendre les mots de Fatih Terim : "Ne jamais renoncer !"
Source : Courrier International
11:36 Publié dans ALLEMAGNE, EUROPE, SPORT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chalons en champagne, reims, politique, marne, front national, fn, marine le pen
























