24.10.2009
REFORME DE L'ELECTION DES CONSEILLERS REGIONAUX ET DES CONSEILLERS GENERAUX : LES PROJETS DE SARKOZY POUR TENTER DE TUER LE FRONT NATIONAL
Le PROJET DE LOI relatif à l'élection des conseillers territoriaux et au renforcement de la démocratie locale déposé au Sénat (http://www.senat.fr/leg/pjl09-061.html) a un objectif essentiel : tuer la représentation du FN. Il suffit de lire son article 1er :
- les conseils généraux et les conseils régionaux se renouvellent intégralement (article L 190-3 du code électoral).
Cela signifie que pour la Marne il faudra trouver 88 candidats (44 cantons, soit 1 candidat titulaire + 1 candidat suppléant), sans compter les mandataires financiers.
- Nul ne peut être candidat sur une liste mentionnée à l'article L 190-6 (pour avoir des élus à la proportionnelle) et dans un canton (article L 190-8),
Cela signifie qu'on ne pourra être à la fois candidat dans un canton et candidat sur la liste, et donc, pour la Marne, qu'il faudra non seulement trouver 88 personnes pour être candidates dans les cantons à renouveler, mais également d'autres personnes pour être candidates sur la liste : 18 personnes supplémentaires (article L 190-17 : Le nombre de candidats figurant sur chaque liste est égal au double du nombre de sièges à pourvoir (20% de 44 sièges = 9 sièges).
Au total : 106 candidats à trouver, avec respect de la parité (53 femmes + 53 hommes). Cet objectif n'est pas insurmontable, mais on ne pourra pas attendre les derniers mois pour chercher les candidats de 2014. Il va falloir s'y prendre beaucoup plus tôt.
Autre conséquence de ce projet : l'implantation locale et les élus
Le candidat FN qui se présente régulièrement sur un canton pour s'enraciner ne pourra à la fois figurer sur la liste, et être candidat sur "son" canton; il devra choisir : soit "son"canton, soit la liste.
S'il choisit de se présenter sur "son" canton, il ne pourra être élu, car c'est le candidat arrivé en tête qui est élu (scrutin uninominal majoritaire à un seul tour - article L 190-5); or, dans la Marne notamment, il est bien difficile pour un candidat FN d'arriver en tête dans un canton, du moins en l'état actuel des choses.
S'il figure sur la liste, il ne pourra plus poursuivre son implantation cantonale : il ne sera plus identifié en tant que représentant du FN sur le canton concerné.
Certes, pour que la liste FN ait éventuellement des élus, il faut qu'elle fasse au moins 5% des suffrages exprimés sur le département. Mais pour atteindre ce chiffre, il faudra présenter des candidats dans tous les cantons, et n'en oublier aucun : plus le FN présentera de candidats dans les cantons, plus il aura des chances de faire 5% des suffrages exprimés. A contrario, il lui sera très difficile d'atteindre ces 5% s'il ne pourvoit pas tous les cantons. C'est le nombre de voix obtenu par le FN dans le département, qui compte : plus il y a de candidats FN, plus il y aura de voix.
Tout dépendra donc de l'implantation effective des fédérations FN.
Plus que jamais cette implantation passera avant tout par l'occupation de tous les cantons. Si ce projet est adopté tel quel, il nous faudra concilier deux exigences : parfaire une implantation qui passe par des candidats qui ne seront pas élus pour l'instant dans les cantons, tout en faisant élire sur une liste des candidats qui ne pourront s'implanter dans un canton, ce qui change la donne par rapport à la situation actuelle (on peut se présenter aux élections régionales, tout en se se présentant aux élections cantonales, comme en 2004).
Nous avons donc du travail en perspective. Car si l'on en croit les simulations indiquées dans le projet de loi, les listes FN n'obtiendraient - au mieux - qu'un élu par département, ce qui correspond au projet SARKOZY : éliminer le FRONT NATIONAL, du moins son nombre d'élus. Ainsi la Marne : elle compte actuellement 2 élus régionaux. Demain, avec ce projet, M. SARKOZY espère qu'elle n'en comptera plus qu'un au maximum.
Le projet SARKOZY est donc bien un projet liberticide, destiné à faire disparaître un maximum d'élus du FRONT NATIONAL.
Certes, il ne s'agit que d'un projet. Mais peut-on croire réellement que l'UMP va le modifier dans un sens favorable au FN ?
A nous militants du FN de contrecarrer le projet gouvernemental en redoublant d'efforts pour préparer dès maintenant l'échéance de 2014, échéance électorale d'autant plus criciale pour le FRONT NATIONAL qu'il y aura également cette année-là les élections municipales.
Dans les deux cas, il s'agira de parfaire cette action vitale pour le FN : son implantation locale.
Pascal ERRE
FN 51

























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