06.07.2008

INSECURITE : L'exemple de l'Italie ..

PascalERRE.jpg" des rondes citoyenne"

en France pourquoi pas ?

Sur le modèle des Guardians Angels américains..

 

 

 

 

L’Italie à l’heure des rondes padanes

Voici un article destiné à illustrer le succès de la thématique identitaire et sécuritaire de l’autre côté des Alpes. Il porte sur le phénomène des rondes citoyennes, l’un des éléments forts de la propagande léghiste. Une initiative qui en France aurait déclenché à coup sûr les hurlements des bien-pensants contre les « milices populistes » voire « fascistes »…

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En fait, les premières rondes padanes remontent à 1989. À l’époque, c’étaient les délinquants issus de la « malavita » méridionale qui constituaient la cible des militants de ce qui n’était pas encore la Lega Nord, la  Ligue du Nord . Mais aujourd’hui, avec l’explosion de l’immigration, ce sont bien les bandes de trafiquants d’origine étrangère (Albanais, Roms, Sénégalais, Maghrébins, Chinois, etc.) qui sont dans le collimateur des volontaires léghistes.

italy.gifLa relance des rondes padanes a démarré début 2007, sous l’impulsion de Mario Borghezio, chef de groupe du mouvement d’Umberto Bossi au Parlement européen. Sentant que la population était mûre pour soutenir l’appel de la Ligue à la mobilisation citoyenne face aux carences des institutions en matière de sécurité quotidienne, Mario Borghezio a payé de sa personne pour remettre les rondes anti-criminalité au cœur de l’attention médiatique. Sa présence à de nombreuses reprises aux côtés des chemises vertes de la Garde nationale padane, structure qui coordonne ces opérations, tout au long du premier semestre 2007, a donné aux rondes un élan décisif. Et si, grâce à l’aimable concours de l’extrême gauche transalpine, l’opération a fait polémique quelques semaines, elle est ensuite devenue un élément à part entière du débat politique italien.

La Lega doit incontestablement aux rondes une partie de son succès aux dernières élections générales. Par cette initiative, elle a en effet rappelé aux électeurs qu’elle n’était pas tout à fait un parti comme les autres, s’imposant ainsi comme la seule force politique crédible sur les thèmes de l’immigration et de l’insécurité, thèmes centraux de la campagne électorale.

Y compris dans le Sud…

En pratique, la ronde padane, c’est un groupe de citoyens armés de téléphones portables, d’appareils photos, de stylos et de carnets, qui tourne en ville, de jour ou de nuit, pour alerter les forces de l’ordre des éventuels comportements délictueux. Bien entendu, les élus locaux de la Lega servent généralement de relais pour préparer ces actions et en assurer le bon déroulement vis-à-vis des autorités.

fa_in_01.gifMais désormais, le terme de ronde citoyenne serait bien plus approprié. Car des initiatives similaires à celle des léghistes sont nées ces dernières semaines à travers toute l’Italie. Au sud du pays par exemple. À Salerne sont arrivés début mai les « City Angels », déjà présents dans plusieurs villes du Nord. Sur le modèle des Guardian Angels américains, ces volontaires en gilet rouge et béret bleu offrent assistance et secours aux personnes en difficulté sur la voie publique. Aux « marginaux » mais aussi aux honnêtes gens. Une mission à la fois sociale et citoyenne a priori apolitique (les City Angels viennent également en aide aux immigrés clandestins) mais dont l’essor prouve bien que le sentiment d’insécurité est de plus en plus diffusé. Les City Angels sont d’ailleurs annoncés à Naples d’ici septembre.

Encore plus au sud, à Bari, ce sont des pères de famille qui tournent en scooter pour surveiller les sorties des établissements scolaires et des retraités qui campent aux portes des discothèques ouvertes l’après-midi aux adolescents. Enfin, même en Italie centrale où, selon les études d’opinion, le sentiment d’insécurité et de méfiance à l’égard des extra-communautaires serait le moins fort, le phénomène des rondes se vérifie. Ainsi dans les Abruzzes et le Lazio où des rondes de nuit ont lieu à l’initiative de certains maires pour calmer les habitants échauffés par la multiplication sensible du nombre de cambriolages. Des habitants qui, sans cela, s’en prendraient volontiers au premier Rom venu… Il faut savoir qu’en Italie il n’y a pas de tabou concernant les statistiques de la criminalité et que celles-ci établissent clairement le lien entre immigration et criminalité.

La gauche et les immigrés réguliers aussi !

Mais les rondes léghistes ont aussi fait des émules à gauche ! La preuve à Bologne. Bologne-la-rouge. Bologne dont le délégué à la sécurité, ex-magistrat, a décidé de mettre en place des patrouilles d’étudiants pour lutter contre les dégradations et « entrer en relation avec qui n’a pas le sentiment d’appartenir à la Cité et de devoir la respecter ». Présentées fin avril, ces patrouilles n’ont bien entendu rien à voir avec les rondes padanes puisque, comme le souligne ledit délégué : « ici l’esprit est différent »…

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Enfin, le modèle padan a même donné des idées aux immigrés en situation régulière ! Mohamed Ahmed, journaliste et référence au sein de la communauté égyptienne de Padoue, est ainsi à l’origine de la première ronde anti-criminalité composée d’étrangers. Pour lui, il est important que les Italiens découvrent « l’autre face du monde des immigrés ». Celle de ceux qui travaillent et aspirent tout autant que les nationaux à vivre en sécurité. « Qui ne dit mot consent. Ceux de nos compatriotes qui commettent des délits doivent aller en prison ou être expatriés. »

Des propos partagés par le secrétaire de la communauté bengalaise comme par un commerçant marocain du quartier Stanga, Mohamed Ben Driouch, qui souligne que « les délinquants font du tort à mon activité ».

Le plus étonnant, dans l’affaire, c’est que dans le même temps, la stratégie de la Ligue du Nord, désormais à l’épreuve du pouvoir national, est en train d’évoluer. Car les dirigeants de la Lega le savent bien : les rondes citoyennes ne sont qu’une réponse ponctuelle à un mal plus profond. Un mal que seuls une volonté et un courage politiques inflexibles peuvent endiguer…

(blog de Yann Redekker)

UE : Les dépenses communautaires sont illégales et irrégulières

mundoue.gifL’aveu est discret, en page 250 du rapport. Mais il en dit long sur le double langage pratiqué par les plus hautes instances européennes.

 

A la presse, M. Barroso déclare "Nous avons, au sein de l’Union, des règles budgétaires très strictes. C’est la Commission qui est responsable des dépenses devant le Parlement européen, la Cour des comptes européenne, et les États membres. C’est de l’argent public. " Interview à la Croix du 22 mai 2008 ).

Mais, dans son rapport officiel, la Commission tient un discours à 180°, sans doute pour amadouer la Cour des comptes européenne qui est en train de travailler sur son rapport pour l’année 2007, :

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“Le 13 novembre, le président de la Cour des comptes a présenté au Parlement européen le rapport annuel relatif à l’exercice budgétaire 2006 . Ce rapport met en lumière quelques améliorations, en particulier dans le domaine des dépenses agricoles. Toutefois, des erreurs continuent à affecter la légalité et la régularité de la majeure partie des dépenses communautaires en raison de faiblesses dans les systèmes de contrôle interne tant à la Commission que dans les États membres.”

Si personne ne réagit, c’est sans doute que ce rapport n’est lu par personne. Pourtant, tout est dit dans cette phrase officielle. Non seulement l’Europe est illégitime en étant imposée aux peuples contre leur gré, mais elle reconnaît par la voix de sa plus haute institution se vautrer dans l’illégalité.

Il faut donc que les pêcheurs qui doivent disparaître, les routiers qui ont déjà disparu, les industriels qui ont dû quitter l’Europe et tous ceux qu’on sacrifie méthodiquement sur l’autel des lois européennes soient conscients que ceux qui imposent ces lois destructrices reconnaissent officiellement s’affranchir de la légalité dans la majeure partie de leur dépenses !

Dans ces conditions, peut-on continuer à faire semblant en continuant à négocier telle ou telle mesure avec l’omnipotente et illégale Commission sans devenir complice d’un système intrinsèquement dictatorial ?

La réponse s’impose. Face à une dictature, il n’y a qu’une attitude possible : la combattre.

Dernièrement, on me faisait valoir que le peuple français aurait une responsabilité historique vis à vis des peuples européens qu’il avait entraînés dans cette galère en étant un pays fondateur de l’Europe ; que cette responsabilité nous interdisait de militer pour la sortie de la France de l’Union européenne.

Je répondais évidemment qu’une guerre se gagne bataille par bataille, et que la sortie de la France, en déclenchant très certainement l’effondrement rapide de cette prison de peuples, sera décisive. J’ajoute aujourd’hui que la meilleure façon d’assumer cette responsabilité historique consiste précisément à détruire cette prison.

Il faudra ensuite que chaque nation redevenue libre renoue avec une profonde exigence démocratique et choisisse librement sa voie. Le rassemblement libérateur concerne tous ceux qui sont attachés à la liberté et à la démocratie, quelles que soient par ailleurs leurs préférences politiques, plus sociales pour les uns, plus libérales pour les autres. Anticiper sur ces discussions qui viendront en leur temps ne conduit qu’à la division, donc à l’immobilisme et à nier aux peuples la possibilité d’opérer de vrais choix après avoir retrouver leur liberté.

Jean-Yves Crevel

Source : http://www.decapactu.com

Jean-Claude Martinez répond à la lettre du président bolivien Evo Morales aux députés européens

Communiqué de Jean-Claude MARTINEZ, député européen et député de l'EUROLAT (parlement Europe-Amérique latine).

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Dans le quotidien français Libération, du vendredi 13 juin 2008, le Président Evo Morales, de la République de Bolivie, s'adresse aux députés européens. À propos d'une directive européenne connue sous l'abréviation "Directive Retour".

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Voici ma réponse de député européen :

1°) Le Président Evo Morales a le droit et la légitimité pour lui lorsqu'il exerce la souveraineté de son pays sur ses ressources naturelles. En nationalisant l'exploitation de ses gisements de gaz.

2°) La Bolivie du Président Evo Morales, comme l'Équateur du Président Correa et surtout le Venezuela du Président Hugo Chavez, est en train de mettre l'Amérique latine au premier rang d'une rénovation des concepts politiques qui peut enrichir le monde des nations en voie de planétisation.

3°) En alertant le Parlement européen sur la directive européenne précitée, concernant les flux migratoires, le Président Evo Morales ouvre deux voies majeures sur le fond et sur la forme.

Sur la forme, un homme du continent sud-américain s'adresse là directement à des élus du continent européen. Ce faisant, il ouvre là la voie du "dialogue des civilisations" entre deux continents que tout doit rapprocher.

Mais surtout sur le fond, il pose là ce qui va être l'œuvre clé du XXIème siècle : gérer en commun les parties communes de la copropriété planétaire. Par le biais du traitement de l'immigration et du statut réciproque des migrants d'un continent à l'autre, le Président Evo Morales met le doigt sur un des grands problèmes du monde. Au même titre que le problème alimentaire, découvert enfin par tous, les problèmes sanitaires, celui de la gestion commune de l'eau et surtout le problème de l'instruction à partager.

Dès lors, je réponds au Président Evo Morales : sur la bonne voie qu'il ouvre, allons plus loin et plus vite. Convenons tout de suite de la gestion commune des parties communes de la copropriété planétaire. En un quadrilatère de l'humanité où l'alimentation, l'instruction, les médicaments et les adductions en eau potable seront biens publics mondiaux.

Les outils juridiques pour cela existent. Depuis plus de trente ans, la Convention de Montego Bay, sur le droit de la mer, les a créés. Avec le concept de patrimoine commun de l'humanité.

Le cadre politique existe. Il est tout récent, avec l'Eurolat qui s'est encore réuni il y a un mois à Lima.

L'arène du combat existe aussi : c'est l'OMC. L'Amérique latine et l'Europe pourraient y parler d'une même voix. Pour dire que le libre-échange n'est pas la solution à tout et que le politique doit revenir pour imposer sa loi raisonnée à la loi aveugle du marché.

La balle est dans le camp du Président Evo Morales, du Président Correa, de la Présidente Kirchner, du Président Alan Garcia et du pionnier Hugo Chavez. Qu'ils lancent vite l'invitation audacieuse pour un sommet de l'intelligence politique à Caracas. Les députés européens et les politiques qui veulent bâtir le monde du XXIème siècle y seront.

Jean-Claude Martinez

Source : http://www.voxnr.com

26.06.2008

TURQUIE-ALLEMAGNE / Bien plus qu'un match de football !

L'essayiste allemande Mely Kiyak décrypte les enjeux de la demi-finale de l'Euro 2008 qui verra l'Allemagne et la Turquie s'affronter le 25 juin. Une rencontre qui permet toutes sortes de récupérations nationalistes.

 

TurquieAllemagne.jpgBerlin. Coup de sifflet final, les joueurs croates en larmes sur la pelouse, une mer de drapeaux rouge et blanc qui s'agite dans les gradins et quelques minutes plus tard Fatih Terim, le sélectionneur turc, qui déclare : "Il est important pour nous que notre peuple nous voie dans cette situation." Et il ajoute : "Quand notre peuple est fier de nous, nous sommes fiers de notre peuple." Ce sont des phrases qui restent. On a là le répertoire turc dans toute sa splendeur, l'opulence orientale, on en entend littéralement la pâte feuilletée craquer, on en sent, s'élevant du verre de thé, le parfum de bergamote. 

Qu'on s'imagine un peu Joachim Löw, le sélectionneur allemand, prononcer de tels propos après l'accession de l'équipe allemande à la demi-finale. Impensable. Le répertoire de triomphe allemand est complètement différent, les mots comme "Allemagne", "peuple" et "fierté" y sont remplacés par "notre équipe", "nous", "joie et soulagement", "le soutien des supporters". Tout cela sent le programme d'entraînement du vendredi : vélo pour la détente musculaire et visite des familles pour la récupération.

alemania.gifRien ne permet mieux de mesurer le dynamisme d'un peuple que les commentaires du sélectionneur après un match de football. Car, contrairement à toutes les rumeurs, un match de football, c'est aussi une lutte entre identités nationales. Après tout,on parle bien d'équipe nationale, d'hymne national. Ne nous leurrons pas : l'idée que les 2,8 millions d'Allemands d'origine turque puissent mercredi soutenir en majorité l'équipe allemande est tout simplement ridicule. Ce groupe de population est sous-représenté dans toutes les couches sociales sauf une, et celle-ci se situe plutôt dans le bas. Il n'a pas de modèles accessibles, les personnalités comme le réalisateur Fatih Akin ou le député européen Cem Özdemir sont trop peu nombreuses et trop élevées. Il ne lui reste finalement que quelques musiciens et les sportifs.

super-_hw.gifCette communauté n'a donc pas de sentiment d'appartenance. Plus un immigré d'origine turque semble être "arrivé", par l'éducation ou la richesse, moins il a besoin de représentants qui mènent pour lui la lutte pour l'identité nationale. Cette règle connaît des exceptions : on peut parfois voir des universitaires arborer les insignes de l'organisation d'extrême droite les Loups gris. "Je suis très heureux que la Turquie affronte l'Allemagne. Peu importe qui gagnera", se félicite Korso, un supporter turc rencontré sur le Kurfürstendamm, à Berlin. Ce qui signifie en clair : nous sommes enfin à égalité.

On peut repérer le complexe d'infériorité de ce groupe négligé politiquement et socialement, qui a encore soif d'égalité alors qu'il en est à la troisième génération, autant dans l'ivresse de la victoire que dans le désespoir de la défaite. Le fait qu'il ne soit pas pris en compte par la majorité de la société laisse le champ libre à des tentatives de récupération nationaliste : que ce soit dans les journaux et sur les chaînes turcophones ou dans les propos du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, quand, en visite à Cologne au printemps, il a adressé à ses électeurs allemands d'origine turque une déclaration d'amour pathétiquement tonitruante ("Nous ne vous avons pas oubliés, vous faites partie de nous"). On a du mal à imaginer Maria Böhmer, la ministre déléguée à l'Intégration, ou la chancelière Angela Merkel s'adresser en ces termes à cette communauté désorientée – même si la question n'est pas là – ou reprendre les mots de Fatih Terim : "Ne jamais renoncer !"

Source : Courrier International

25.06.2008

Le ton est rude…

Mais vise juste. Quel est « l’ordre du jour » des ministres des Affaires étrangères des « Vingt-Sept », lors de leur réunion le 16 juin 2008 à Luxembourg ?
Un « élargissement » de l’Union Européenne, ou « tout comme »…
Un partenariat « avancé » avec Israël devrait être entériné… Jean-Michel Vernochet vise juste…

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Encore un « 16 » me direz-vous… Et fort justement Jean-Michel Vernochet rappelle un certain 16 mai 1916…
Démembrer les Etats souverains…
Mais nous préciserons aussi que les peuples ne font pas pour autant les nations…
Europe des nations ?Oui.
Europe des peuples ? Non !…

Par Jean-Michel Vernochet* :

« Dans quelques jours, Israël sera admis comme partenaire privilégié de l'Union européenne sans que les peuples d'Europe aient été consultés, ni même avertis d'une décision aussi lourde de conséquences pour leur avenir!

"[...] Last but not least, quatre jour après la ratification irlandaise, le
12 juin - si importante pour M. Bush - doit intervenir un autre fait d’une
importance capitale et qui éclaire l’ensemble des grandes manœuvres dont la
zone Europe-Méditerranée est actuellement le théâtre : le 16 juin à
Luxembourg, le conseil des ministres des affaires étrangères des Vingt-Sept
devrait entériner un partenariat avancé avec Israël.
Cela signifie une intégration quasi complète au sein du marché unique, dans les institutions européennes avec la participation des ministres israéliens dans les conseils européens et d'experts dans  tous les  programmes et groupes de travail, « ce qui équivaudrait à conférer à l'Etat juif un statut de quasi-membre de l'UE » comme le soulignait « Le Monde » dans son édition du 7 juin. La chose s’est préparé dans le silence feutré des chancelleries car apparemment rien n’avait filtré dans la grande presse – les archives du quotidien Le Monde sont muettes en 2007 sur cette question  - histoire de mettre l’opinion devant le fait accompli. Nous avons ici une preuve supplémentaire que les vraies décisions, celles qui engagent le destin des nations ne sont pas connues du public, qu’elles sont soigneusement tues… Comme fut caché, dès l’origine, au début des années 40, les finalités réelles de la construction européenne…des objectifs pas très éloignés de ceux qui président aujourd’hui  à la « Greater Middle East Initiative » : démembrer des États souverains et créer des entités fédérales sur des bases communautaristes… un prolongement et une amélioration substantielles de l’accord secret Sykes-Picot passé le 16 mai 1916 entre la France, la Grande-Bretagne et la Russie, lequel organisait le partage des dépouilles de l’Empire ottoman...

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Est-ce aussi pure coïncidence si la tournée de M. Bush a démarré par la
Slovénie là où justement, en avril dernier, se tint la commission chargée de
finaliser cette discrète entrée de l’État hébreu dans la communauté des
Vingt Sept ? On comprend mieux alors la hâte de M. Sarkozy à réaliser cette
Union pour la Méditerranée si l’on considère avec un peu de recul, et dans
son ensemble, l’échiquier géostratégique proche-oriental […]"

*Ancien journaliste au Figaro. Dernier ouvrage publié :  Manifeste pour une
Europe des Peuples . En collab., Éd. du Rouvre.
Ci-dessus : extraits de l'article : « LISBONNE » VIA DUBLIN ET TRIPOLI  LES DÉFAITES DU PROJET EURATLANTIQUE publié le 12 juin 2008, ICI et ICI

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Point de vue d’Israël…
Par
Alfred Tovias 

tovias.jpgProfesseur d'économie européenne (chaire Walter Rathenau) et titulaire de la chaire Jean Monnet Université Juive de Jérusalem
POURQUOI L'ÉTAT D'ISRAEL DEVRAIT-IL ENTRER DANS L'UNION EUROPÉENNE ?

UN POINT DE VUE STRATÉGIQUE.

« Sa nature d'état membre contribuerait à réduire la dépendance stratégique et économique d'Israël vis-à-vis des Etats-Unis. Israël est un membre "virtuel" de l'OTAN. Son entrée dans l'Union européenne pourrait coïncider avec son entrée dans l'OTAN, ce qui est dans l'intérêt commun à la fois des Etats-Unis, d'Israël et de l'Union européenne. »

Un « intérêt commun » ? A quelle fin ?

Lire : ICI

Source:

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22.06.2008

Nouvelle attaque massive de la Commission européenne contre le Code du Travail !

horloge1.jpgLa Commission européenne vient de lancer une nouvelle attaque massive contre le Code du Travail de plusieurs pays européens, dont la France.
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 DICTATURE EUROPEENNE :

EN ROUTE VERS LA SEMAINE DE 60 HEURES !

Les Commissaires européens, qui n'ont jamais été élus à ces fonctions stratégiques par qui que ce soit, et parmi lesquels on compte 1 Français sur 27, ont en effet décidé de mettre à l’ordre du jour leur projet de révision de l’actuelle Directive européenne sur le temps de travail.

Ce projet, qui sera examiné au prochain conseil des ministres européens de l'Emploi et des Affaires sociales le 9 juin (article paru le 8 juin, ndlr E&R) à Luxembourg, prévoit le maintien et la pérennisation de la procédure dite d’"opting out", procédure qui permet à une entreprise de déroger, dans un cadre individuel, à la règle du maximum de 48 heures hebdomadaires de travail. Rappelons que cette règle des 48 heures de travail maximum par semaine avait été établie pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs, de même que leur bien-être et leur vie de famille.

L’Europe veut repousser de 48 à 60 heures la durée maximum de travail autorisée

Si cette nouvelle Directive européenne banalisant le travail au-delà des 48 heures par semaine est avalisée par les ministres des 27 Etats européens, les salariés ne disposeront alors plus que d’une ultime protection juridique : la Commission européenne propose de limiter la durée maximale hebdomadaire à 60 heures de travail calculée en moyenne sur trois mois. Du reste, le même projet de révision de la Directive prévoit aussi d'étendre à 12 mois, au lieu de 3, la période de référence pour le calcul de la durée moyenne de travail hebdomadaire.

Autant dire que ce que la Commission européenne a en tête, c'est bien de rendre licites, sinon banales, des semaines de travail pouvant aller jusqu'à 60 heures.

code-travail.jpgElle se retranche hypocritement derrière l’idée que cette durée résulterait de "négociations" effectuées par les entreprises au cas par cas avec leur salariés. Mais, compte-tenu de la situation de l’emploi et de la précarisation croissante des contrats de travail, il n’est pas besoin d’être devin pour prévoir que ces "négociations" opposant le salarié-pot-de-terre à l’employeur-pot-de-fer risqueront de tourner rapidement à l’alternative :

 

"c'est 60 heures de travail par semaine ou vous prenez la porte".

Cerise sur le gâteau, ce projet de "modernisation" de la Directive européenne sur le temps de travail prévoit également que le temps de garde sur le lieu de travail ne soit plus considéré comme temps de travail effectif, contrairement à la jurisprudence européenne actuelle.

Une régression sociale de 90 ans en arrière

La "modernisation" concoctée par les dictateurs de Bruxelles revient, avec un cynisme consommé, à affubler du terme de modernité ce qui constitue au contraire une formidable régression sociale. Comme vient de s’en indigner le syndicat FO, il s’agit en effet rien moins que de supprimer la limite des 48 heures de travail hebdomadaire, durée qui avait été fixée par la Convention n°1 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) en… 1919 !

Cette régression sociale de 90 ans en arrière est si spectaculaire que ce projet de révision de la Directive sur le temps de travail – voulu par la Commission européenne depuis des années – a été bloqué depuis des années par quelques Etats, dont la France. Mais cette-fois-ci, il est possible qu’elle soit enfin entérinée par les 27 ministres de l'Emploi et des Affaires sociales qui doivent se réunir à Luxembourg.
Les lobbys industriels très actifs auprès de la Commission européenne exercent une pression considérable, de nombreux nouveaux Etats-membres y sont favorables, et plusieurs capitales jusque là rétives, dont Paris et Londres, ont souligné cette semaine leur volonté d'aboutir sur ce texte.


Conclusion : Le visage hideux de la construction européenne

Avec ce goût pour les antiphrases cyniques et odieuses qui est celui de toutes les dictatures, la "construction européenne" est une déconstruction de tout ce qu’avaient bâti nos aïeux. Sa prétendue "modernité" camoufle un retour impitoyable et sournois à l’Europe du XIXe siècle. Avec les enfants que l'on est en train de remettre au travail à partir de 12 ans, avec des semaines de travail de plus en plus interminables, avec une précarité sociale croissante et tous azimuts, avec la paupérisation du plus grand nombre tandis qu’une infime minorité de fortunes indécentes donne des leçons de morale, la construction européenne nous ramène avec obstination et aveuglement à l’Europe de Dickens.

Ainsi donc, la "construction européenne" apparaît chaque année un peu plus pour ce qu’elle est : une phénoménale régression historique, politique, économique et sociale, une sorte de Restauration dans l’esprit de Louis XVIII et du retour de ces nobles émigrés qui n’avaient, selon le mot fameux de Talleyrand, "rien oublié, ni rien appris".

La dictature européenne est en train de faire régresser la France et tout le continent européen vers une situation moralement inhumaine et socialement explosive. Celle-là même qui provoqua toutes les convulsions tragiques des deux siècles passés.

Source : http://u-p-r.org

Israël en passe d’obtenir un "statut spécial"

european_union_mw.gifEn 2004, l’Union européenne a lancé une nouvelle politique dite de "voisinage" (PEV) en direction des pays de l’Est et des pays méditerranéens, dont Israël. Chaque année, la Commission européenne élabore des rapports de "progrès" pour les pays bénéficiaires dont la présentation a été faite le 3 avril devant la presse par la commissaire aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner. Elle s’est félicitée des "avancées" enregistrées en 2007 dans la mise en œuvre des plans d’action. Pour remercier certains pays "méritants", comme l’Ukraine et le Maroc, elle a promis une augmentation pour 2008 de leurs allocations au titre de la "facilité de gouvernance".

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BANDES2.gifIsraël a eu droit à un traitement de faveur ; la commissaire a annoncé qu’un groupe de travail examinait les domaines dans lesquels les relations avec l’Union européenne pourraient acquérir un "statut spécial". Il s’agirait en particulier d’approfondir le dialogue politique et d’associer plus étroitement Israël à l’économie et au marché européens ainsi qu’à un certain nombre de politiques communautaires. C’est presque la première marche d’une future adhésion d’Israël à l’Union européenne ! La commissaire confirme qu’un processus est engagé pour une "revalorisation" (upgrading) de la position d’Israël vis-à-vis de l’Union européenne. Effectivement, des négociations se déroulent actuellement dans le plus grand secret (sans consultation, ni information du Parlement européen et des parlements nationaux) sur la base " d’un cahier de revendications" soumis par le gouvernement israélien fin 2007 concernant ses relations avec l’Union européenne.

Il n’a pas hésité à demander à participer comme observateur aux réunions du Conseil des ministres et à être intégré dans les mécanismes communautaires dans les domaines politique, économique, de sécurité, de régulation et de gestion du marché intérieur ainsi que dans l’essentiel des programmes communautaires. Il souhaite être membre de toutes les agences spécialisées et participer aux travaux de normalisation. Il demande aussi à être intégré dans les travaux internes sur les marchés des capitaux et les services financiers dont il fait un "thème clé" significatif de la "revalorisation" souhaitée. Sa participation devrait concerner les énergies renouvelables, les transports, les médias, la jeunesse, l’enseignement supérieur et la culture. Pour les politiques de l’emploi et les politiques industrielles, il se "contenterait" d’une concertation structurée. Bien entendu, ce statut spécial devrait s’accompagner d’une structure parlementaire conjointe.

Si l’on s’en tient aux propos de la commissaire, on comprend qu’Israël serait en train d’obtenir satisfaction, du moins de la part de la Commission car il semblerait qu’au Conseil certains pays n’y seraient pas favorables. Ils auront l’occasion de s’exprimer au prochain Conseil des ministres des Affaires étrangères des 27 et du Conseil d’association UE-Israël le 16 juin. La mise en œuvre de ce "statut spécial" pour Israël au sein de l’Union européenne prolonge les récentes décisions du gouvernement français. En janvier 2008, il a signé avec Israël un accord de reconnaissance mutuelle qui permettra aux sociétés israéliennes d’intégrer la Bourse française sans avoir été soumis aux vérifications de régulateurs. Cet accord boursier pourrait être étendu à toute l’Union européenne. Des programmes de recherche-développement ont été mis en place, notamment dans le domaine militaire. On parle même de la participation d’une unité de Tsahal (armée israélienne) au défilé militaire du 14 juillet 2008.

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Au lieu de jouer un rôle positif pour essayer de débloquer le processus de paix, au lieu de condamner et de sanctionner l’Etat israélien qui poursuit sa politique de colonisation et de répression et refuse de respecter ses obligations à l’égard du droit international, la Commission européenne le récompense et renforce sa coopération. La Commission célèbre à sa façon le 60ème anniversaire de l’occupation de la Palestine par Israël qui a entraîné l’exil de plus de 800 000 Palestiniens

Source : voxnr.com

18.06.2008

OTAN : QUAND LA FRANCE REDEVINT LIBRE

otan1.gifLe 7 mars 1966, de Gaulle sort de l'OTAN

 

 

 

 

par Raphaël Dargent *

Aboutissement d'un long processus, la décision que prend le Général couronne une politique de défense indépendante. Au-delà du pragmatisme, elle se fonde sur un principe essentiel à ses yeux : celui de la souveraineté nationale. Une politique qui fait figure aujourd'hui de glorieuse parenthèse.

 *Directeur de la revue Libres publiée chez F.-X. de Guibert. Dernier numéro paru : « Vous avez dit gaulliste ? »

Allié mais pas vassal

Le 7 mars 1966, le général de Gaulle adresse à son homologue américain, Lyndon Johnson, une courte lettre qui aura l'effet d'une bombe. Il y annonce le retrait de la France de l'OTAN : « La France, écrit-il, considère que les changements accomplis ou en voie de l'être, depuis 1949, (…) ainsi que l'évolution de sa propre situation et de ses propres forces, ne justifient plus (…) les dispositions d'ordre militaire prises après la conclusion de l'alliance. (…) La France se propose de recouvrer sur son territoire l'entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d'éléments militaires alliés ou par l'utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements « intégrés » et de ne plus mettre de forces à la disposition de l'OTAN. (…) La France croit devoir (…) modifier la forme de notre alliance sans en altérer le fond. »

Dans sa brutalité, cette lettre est le fruit d'une évolution engagée de longue date par le Général, en réalité dès son retour au pouvoir. À y regarder de près, elle constitue un formidable condensé de sa politique étrangère, une politique certes pleine de pragmatisme mais fondée sur la doctrine de l'indépendance. Une politique à laquelle la France a, peu à peu, tourné le dos.

Trouver un moyen de sortir

Le 14 avril 1966, René Pleven s'en prend avec force à la décision du Général lors d'un débat à l'Assemblée nationale. Il dénonce notamment « la hâte si insolite, les délais si brefs » d'une telle décision. Il accuse le gouvernement : « Vous nous avez trompés sur vos intentions, vous ne les avez pas dites à la nation. » Pleven feint la surprise et joue la comédie. Comment pourrait-il ignorer, lui l'ancien ministre de la Défense, si attentif à la question, le caractère au contraire continu et progressif de la politique du Général vis-à-vis de l'organisation atlantique ? Comment peut-il s'étonner d'une décision, maintes fois évoquée par le Général et qui fit, de surcroît, l'objet de nombreuses dispositions préparatoires dans les années précédentes ? Cette décision constitue tout sauf une surprise ; elle couronne l'aboutissement d'une politique.

En effet, dès le 17 septembre 1958, trois ans à peine après son retour au pouvoir, le général de Gaulle fait parvenir au général Eisenhower, Président des Etats-Unis, et à Harold Macmillan, Premier ministre britannique, un mémorandum dans lequel il constate que « l'organisation actuelle de l'alliance occidentale ne répond plus aux conditions nécessaires de la sécurité » ; en outre, il réclame une direction désormais tripartite de l'Alliance (Etats-Unis, Grande-Bretagne et France) et « y subordonne tout développement de sa participation actuelle à l'OTAN ». Devant le refus poli des Anglo-Saxons, il adapte aussitôt son attitude. Le 11 mars 1959, il décide de soustraire au commandement de l'OTAN nos forces navales de Méditerranée. En juin, il fait savoir son refus de stocker sur le territoire national des armes nucléaires étrangères, ce qui contraint les États-Unis à transférer hors de France deux cent avions militaires.

La France s'engage alors, sans la coopération de ses alliés, dans son propre programme nucléaire, et c'est en février 1960 qu'explose la première bombe atomique française dans le désert du Sahara. En janvier 1963, le Général rejette la proposition américano-britannique de créer une force nucléaire multilatérale dans l'OTAN et menace de quitter l'organisation si celle-ci se fait malgré son avis. C'est d'ailleurs dans ce contexte qu'il met son veto à l'entrée dans le Marché commun de la Grande-Bretagne, jugée trop atlantiste. Enfin, le 21 juin 1963, la France retire ses forces navales de l'Atlantique et de la Manche du commandement allié.

Ce rappel chronologique le montre assez nettement : ce n'est pas du jour au lendemain que le Général décide de retirer notre pays de l'OTAN. Il n'y a donc pas lieu d'être surpris. En réalité, ce retrait est non seulement progressif mais programmé.

Au sujet du mémorandum de 1958, c'est bien plus tard que le Général révèlera ses véritables intentions, à demi mots : « Dès septembre 1958, écrira-t-il, je hisse les couleurs. (…) Ainsi que je m'y attends, les deux destinataires de mon mémorandum me répondent évasivement. Rien ne nous retient donc d'agir. »

Devant Alain Peyrefitte, il sera beaucoup plus clair : « Ce mémorandum n'était qu'un procédé de pression diplomatique. Je cherchais alors à trouver un moyen de sortir de l'OTAN et de reprendre ma liberté, que la IVe République avait aliénée. Alors, j'ai demandé la lune. J'étais sûr qu'on ne me l'accorderait pas. (…) Mais en ne répondant pas à mon mémorandum, ils m'ont permis de prendre des dispositions qui m'amenaient à sortir peu à peu de l'OTAN, ce que je n'aurais pas pu faire si je n'avais pas d'abord essuyé ce refus. En fait, c'est ce que nous avons fait pas à pas depuis 1958.  »

« Pas à pas », dit-il, et c'est bien ainsi que l'on doit comprendre sa politique. Celle-ci, souhaitée de longue date, sera mise en œuvre étape après étape, avec résolution mais avec habileté. Aussi sera-t-elle continue mais progressive. Il s'agira de ménager les susceptibilités de nos alliés et ne pas brûler nos vaisseaux, il s'agira d'avancer chaque fois un peu plus loin à mesure de notre propre renforcement et d'attendre, pour sauter le pas, que la France soit à nouveau redevenue maîtresse de son destin. De Gaulle cherchait donc dès son retour au pouvoir « un moyen d'en sortir ». Pourquoi ? Comme toujours chez lui, il faut distinguer ce qui tient aux circonstances et ce qui tient aux principes, faire la part du pragmatisme et celle de la doctrine.

S'adapter aux données nouvelles

De Gaulle est un pragmatique, on ne le dit que trop, et c'est en pragmatique qu'il justifiera sa décision. Dans le texte du mémorandum de septembre 1958, précédemment évoqué, le Général mettra en avant des arguments liés aux réalités géostratégiques pour appuyer ses propositions de réforme de l'organisation atlantique. C'est ce qu'il fera toujours, jusqu'à la décision du 7 mars 1966. D'abord dans sa conférence de presse du 5 septembre 1960 : « Depuis dix ans, il y a eu beaucoup de changement. (…) La France considère que ce qui avait été fait il y a dix ans sur la base de l'intégration doit être mis à la page. (…) Le traité doit être révisé. Du reste, vous savez que le Traité de l'Alliance Atlantique-Nord a été fait en spécifiant qu'il pourrait être révisé après dix ans, et les dix ans sont écoulés.  » Á ceux qui s'étonneront d'une telle audace, il ne manquera pas de répondre pour préciser sa pensée. Ainsi s'explique-t-il devant les Français le 21 février 1966, comme pour annoncer sa décision et préparer l'opinion : « Rien ne peut faire qu'une loi s'impose sans amendement quand elle n'est plus en accord avec les mœurs. Rien ne peut faire qu'un traité reste valable intégralement quand son objet s'est modifié. Rien ne peut faire qu'une alliance demeure telle quelle quand ont changé les conditions dans lesquelles on l'avait conclue. Il faut alors adapter aux données nouvelles la loi, le traité, l'alliance, sans quoi, les textes, vidés de leur substance, ne seront plus, le cas échéant, que de vains papiers d'archives, à moins que ne se produise une rupture brutale entre ces formes désuètes et les vivantes réalités. (…) Si la déclaration faite en commun (…) sous forme du Traité de l'Alliance atlantique signé à Washington le 4 avril 1949, reste à ses yeux toujours valable, elle [la France] reconnaît, en même temps, que les mesures d'application qui ont été prises par la suite ne répondent plus à ce qu'elle juge satisfaisant, pour ce qui la concerne, dans les conditions nouvelles.  »

Justement, ces conditions nouvelles, quelles sont-elles ?

Le Général constate d'abord que si l'OTAN a été organisée en 1949 dans le cadre de la Guerre froide afin de contenir, et éventuellement de contrer, l'Union soviétique, force est de constater, au milieu des années 1960, que la menace sur le monde, et notamment sur l'Europe, est sérieusement retombée. Il souligne d'autre part que l'équilibre nucléaire entre les deux mastodontes que sont les États-Unis et l'URSS a fortement infléchi la doctrine américaine, et que la nouvelle stratégie qui en découle, dite de « riposte graduée », ne garantit plus l'Europe d'une intervention américaine en cas d'agression atomique.

Il note ensuite que l'Amérique s'engage désormais dans des conflits lointains - c'est le cas au Vietnam -, conflits qui par le système de l'alliance risquent d'entraîner la France dans des guerres qu'elle ne souhaite pas. Enfin, et surtout, il affirme que l'Europe et a fortiori la France ne sont plus dans la situation catastrophique de l'après-guerre ; la France notamment s'est dotée de son propre armement nucléaire et cela change considérablement la donne : elle peut non seulement se défendre seule mais peut désormais faire entendre sa voix au sujet de la défense de l'Europe. Georges Pompidou, alors Premier ministre, reprendra le même argumentaire lorsque le 13 avril 1966 il justifiera la décision gaullienne devant l'Assemblée nationale.

Recouvrer sa pleine souveraineté

Il ne s'agissait évidemment pas pour de Gaulle de s'opposer par principe aux Américains. Les États-Unis étaient nos alliés et le restaient, il le rappellera maintes fois. On sait comme il assurera de son soutien sans faille le président Kennedy lors de la crise de Cuba. Mais tout en réaffirmant le principe de l'Alliance atlantique signée en 1949, le Général s'opposera avec force à l'intégration qui présidait à l'organisation militaire de l'Alliance. Le Traité de 1949 est une chose, l'organisation militaire qui en découle en est une autre. Il n'aura de cesse de faire la distinction entre les deux. Ainsi déclare-t-il le 5 septembre 1960 : « « Il nous paraît que la défense d'un pays, tout en étant combinée, bien entendu, avec celle d'autres pays, doit avoir un caractère national. (…) La France ne peut évidemment pas laisser son propre destin et même sa propre vie à la discrétion des autres. Voilà ce que la France entend par la réforme de cette organisation atlantique, tout en répétant qu'il ne s'agit absolument pas de se séparer les uns des autres, car jamais l'Alliance atlantique n'a correspondu à un besoin aussi profond. » C'est dire si, dans l'esprit du Général, la France n'est utile à ses Alliés que dans la mesure où elle a les mains libres. Sa décision de quitter l'OTAN prise, il précisera ainsi le 21 février 1966 « qu'il s'agit là, non point du tout d'une rupture, mais d'une nécessaire adaptation.  »

Dans l'aide-mémoire qu'il remettra le 10 mars 1966 aux quatorze représentants des membres de l'OTAN, il écrira : « L'Alliance doit se poursuivre aussi longtemps qu'elle apparaîtra nécessaire. Ceci étant affirmé sans équivoque. » En réalité, s'il défend l'alliance, il refuse la subordination, s'il reconnaît la vertu de l'association, il conteste celle de l'intégration. Et c'est bien là ce que Georges Pompidou affirmera le 13 avril 1966 : « Nous n'avons cessé, depuis des années, de proclamer aussi bien notre fidélité à l'Alliance atlantique, c'est-à-dire au traité d'avril 1949, que notre volonté de remettre en cause l'organisation militaire intégrée qui lui avait été superposée. »

L'intégration, voilà bien ce que refuse de Gaulle. Là-dessus, il est inflexible et d'une remarquable constance. Dans sa conférence de presse du 9 septembre 1965, il est par exemple sans ambiguïté : « Nous pouvons et, par conséquent, nous devons avoir une politique qui soit la nôtre. Laquelle ? Il s'agit, avant tout, de nous tenir en dehors de toute inféodation. Certes, dans des domaines multiples, nous avons les meilleures raisons de nous associer avec d'autres. Mais à condition de garder la disposition de nous-mêmes. C'est ainsi, qu'aussi longtemps que la solidarité des peuples occidentaux nous paraîtra nécessaire à la défense éventuelle de l'Europe, notre pays restera l'allié de ses alliés, mais qu'à l'expiration des engagements pris jadis, c'est-à-dire au plus tard en 1969, cessera, pour ce qui nous concerne, la subordination qualifiée d'"intégration" qui est prévue par l'OTAN et qui remet notre destin à l'autorité étrangère.  » « Inféodation », « subordination », « autorité étrangère » les mots ont dû sembler très durs aux oreilles de nos alliés ; ce sont pourtant ceux qu'employait le Général quand il évoquait l'intégration.

Selon lui, accepter l'intégration revenait à accepter que les armements français soient placés sous commandement étranger, en l'occurrence américain. Cela, il ne pouvait l'accepter. Ainsi déclare-t-il, lors du conseil des ministres du 23 mars 1966 : « L'essentiel de la défense française, aujourd'hui, c'est l'arme atomique. Or, elle n'est pas intégrée. Et la défense américaine, est-ce qu'elle est intégrée ? Les forces américaines sont sous des commandements américains. Les forces alliées sont aussi sous des commandements américains. Il y a deux poids et deux mesures de l'intégration.  »

Il faut noter que de Gaulle refuse absolument le principe de l'intégration et ce, quel que soit par ailleurs le sujet, qu'il s'agisse de l'OTAN ou de l'Europe. Pourquoi le Général aurait-il accepté une organisation intégrée de l'Alliance atlantique alors qu'il contestait une telle organisation pour le Marché commun ? Il s'oppose d'ailleurs sur ce point aux conceptions allemandes. « L'idée allemande est que l'intégration est bonne pour tout le monde. En réalité, elle est bonne pour eux. (…) Le mythe de l'intégration leur était commode parce qu'il permettait au vainqueur et au vaincu d'être dans le même sac. C'était le système Monnet. Il est agréable pour les Allemands et inacceptable pour nous.  »

J'ai dit que le Général ne s'opposait pas par principe aux Américains. Mais c'est pourtant un principe qu'il opposera aux volontés atlantiques d'intégration. Et c'est là le point central. Au-delà des considérations stratégiques du moment, au-delà des arguments pragmatiques qu'on a souligné, au-delà même des précautions tactiques dont on a dit que le Général pouvait user, un principe domine véritablement et ordonne toute la politique de De Gaulle : celui de la souveraineté nationale.

C'est ce qu'il dira aux Français le 21 février 1966 : « Au total, il s'agit de rétablir une situation normale de souveraineté, dans laquelle ce qui est français, en fait de sol, de ciel, de mer et de forces, et tout élément étranger qui se trouverait en France, ne relèveront plus que des seules autorités françaises.  » C'est ce qu'il dira aussi à ses ministres lors du conseil du 16 mars de la même année : « « Il faudra récupérer beaucoup de choses ; la plus importante d'entre elles, c'est quand même notre souveraineté.  » C'est ce qu'il leur répétera lors du conseil du 13 avril suivant : « Notre intérêt commun, c'est l'Alliance. Nous y sommes avec l'Allemagne et nous y restons avec eux. Non pas sur les mêmes bases qu'auparavant, mais comme l'Etat souverain que nous sommes redevenus.  »

Souveraineté. Voilà un principe que René Pleven et ses amis, qui signèrent une pétition contre la décision du Général, avaient bien du mal à admettre. Dans sa harangue au gouvernement, le 14 avril 1966, Pleven lui reprochera en effet de céder à la « mystique de l'indépendance nationale absolue » (pourquoi « absolue » ? existe-t-il seulement une indépendance « relative » ?) et condamnera « le retour à l'égoïsme sacré », rengaine qui depuis a fait fortune.

Souveraineté, souveraineté… Le président américain Lyndon Johnson a, lui aussi, une étrange conception du principe, si l'on en croit la réponse qu'il fait à de Gaulle le 22 mars 1966 : « Votre point de vue selon lequel la présence de forces militaires alliées sur le sol français porte atteinte à la souveraineté