06.07.2008
INSECURITE : L'exemple de l'Italie ..
" des rondes citoyenne"
en France pourquoi pas ?
Sur le modèle des Guardians Angels américains..
L’Italie à l’heure des rondes padanes
Voici un article destiné à illustrer le succès de la thématique identitaire et sécuritaire de l’autre côté des Alpes. Il porte sur le phénomène des rondes citoyennes, l’un des éléments forts de la propagande léghiste. Une initiative qui en France aurait déclenché à coup sûr les hurlements des bien-pensants contre les « milices populistes » voire « fascistes »…

En fait, les premières rondes padanes remontent à 1989. À l’époque, c’étaient les délinquants issus de la « malavita » méridionale qui constituaient la cible des militants de ce qui n’était pas encore la Lega Nord, la Ligue du Nord . Mais aujourd’hui, avec l’explosion de l’immigration, ce sont bien les bandes de trafiquants d’origine étrangère (Albanais, Roms, Sénégalais, Maghrébins, Chinois, etc.) qui sont dans le collimateur des volontaires léghistes.
La relance des rondes padanes a démarré début 2007, sous l’impulsion de Mario Borghezio, chef de groupe du mouvement d’Umberto Bossi au Parlement européen. Sentant que la population était mûre pour soutenir l’appel de la Ligue à la mobilisation citoyenne face aux carences des institutions en matière de sécurité quotidienne, Mario Borghezio a payé de sa personne pour remettre les rondes anti-criminalité au cœur de l’attention médiatique. Sa présence à de nombreuses reprises aux côtés des chemises vertes de la Garde nationale padane, structure qui coordonne ces opérations, tout au long du premier semestre 2007, a donné aux rondes un élan décisif. Et si, grâce à l’aimable concours de l’extrême gauche transalpine, l’opération a fait polémique quelques semaines, elle est ensuite devenue un élément à part entière du débat politique italien.
La Lega doit incontestablement aux rondes une partie de son succès aux dernières élections générales. Par cette initiative, elle a en effet rappelé aux électeurs qu’elle n’était pas tout à fait un parti comme les autres, s’imposant ainsi comme la seule force politique crédible sur les thèmes de l’immigration et de l’insécurité, thèmes centraux de la campagne électorale.
Y compris dans le Sud…
En pratique, la ronde padane, c’est un groupe de citoyens armés de téléphones portables, d’appareils photos, de stylos et de carnets, qui tourne en ville, de jour ou de nuit, pour alerter les forces de l’ordre des éventuels comportements délictueux. Bien entendu, les élus locaux de la Lega servent généralement de relais pour préparer ces actions et en assurer le bon déroulement vis-à-vis des autorités.
Mais désormais, le terme de ronde citoyenne serait bien plus approprié. Car des initiatives similaires à celle des léghistes sont nées ces dernières semaines à travers toute l’Italie. Au sud du pays par exemple. À Salerne sont arrivés début mai les « City Angels », déjà présents dans plusieurs villes du Nord. Sur le modèle des Guardian Angels américains, ces volontaires en gilet rouge et béret bleu offrent assistance et secours aux personnes en difficulté sur la voie publique. Aux « marginaux » mais aussi aux honnêtes gens. Une mission à la fois sociale et citoyenne a priori apolitique (les City Angels viennent également en aide aux immigrés clandestins) mais dont l’essor prouve bien que le sentiment d’insécurité est de plus en plus diffusé. Les City Angels sont d’ailleurs annoncés à Naples d’ici septembre.
Encore plus au sud, à Bari, ce sont des pères de famille qui tournent en scooter pour surveiller les sorties des établissements scolaires et des retraités qui campent aux portes des discothèques ouvertes l’après-midi aux adolescents. Enfin, même en Italie centrale où, selon les études d’opinion, le sentiment d’insécurité et de méfiance à l’égard des extra-communautaires serait le moins fort, le phénomène des rondes se vérifie. Ainsi dans les Abruzzes et le Lazio où des rondes de nuit ont lieu à l’initiative de certains maires pour calmer les habitants échauffés par la multiplication sensible du nombre de cambriolages. Des habitants qui, sans cela, s’en prendraient volontiers au premier Rom venu… Il faut savoir qu’en Italie il n’y a pas de tabou concernant les statistiques de la criminalité et que celles-ci établissent clairement le lien entre immigration et criminalité.
La gauche et les immigrés réguliers aussi !
Mais les rondes léghistes ont aussi fait des émules à gauche ! La preuve à Bologne. Bologne-la-rouge. Bologne dont le délégué à la sécurité, ex-magistrat, a décidé de mettre en place des patrouilles d’étudiants pour lutter contre les dégradations et « entrer en relation avec qui n’a pas le sentiment d’appartenir à la Cité et de devoir la respecter ». Présentées fin avril, ces patrouilles n’ont bien entendu rien à voir avec les rondes padanes puisque, comme le souligne ledit délégué : « ici l’esprit est différent »…

Enfin, le modèle padan a même donné des idées aux immigrés en situation régulière ! Mohamed Ahmed, journaliste et référence au sein de la communauté égyptienne de Padoue, est ainsi à l’origine de la première ronde anti-criminalité composée d’étrangers. Pour lui, il est important que les Italiens découvrent « l’autre face du monde des immigrés ». Celle de ceux qui travaillent et aspirent tout autant que les nationaux à vivre en sécurité. « Qui ne dit mot consent. Ceux de nos compatriotes qui commettent des délits doivent aller en prison ou être expatriés. »
Des propos partagés par le secrétaire de la communauté bengalaise comme par un commerçant marocain du quartier Stanga, Mohamed Ben Driouch, qui souligne que « les délinquants font du tort à mon activité ».
Le plus étonnant, dans l’affaire, c’est que dans le même temps, la stratégie de la Ligue du Nord, désormais à l’épreuve du pouvoir national, est en train d’évoluer. Car les dirigeants de la Lega le savent bien : les rondes citoyennes ne sont qu’une réponse ponctuelle à un mal plus profond. Un mal que seuls une volonté et un courage politiques inflexibles peuvent endiguer…
(blog de Yann Redekker)
14:20 Publié dans Communiqués, EUROPE, INTERNATIONAL, POLITIQUE, SOCIETE, Vitry-le-Francois | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chalons en champagne, reims, politique, marne, front national, fn, marine le pen
Elections américaines: Ron Paul ; the last hope ?
Ron Paul n’ira finalement pas à la Convention du Parti républicain. Il a jeté l’éponge le 13 juin dernier.
Mais "la révolution ne fait que commencer", avertit le Washington Post qui s’est enfin décidé à parler du Dr No... La campagne présidentielle n'était que la "première phase" du processus, selon son porte-parole.
Dans sa lettre à ses partisans diffusée sur son site web, Ron Paul dit vouloir promouvoir une nouvelle organisation à but non lucratif, pour les Américains n'approuvant pas le système politique de leur pays.
Pour les Français qui n’ont jamais entendu parler de ce gynécologue obstétricien, nous vous proposons cette version légèrement réactualisée d’un article de Maurice Gendre publié en février dernier sur le site de Fabrice Trochet.
A quoi reconnaît-on qu'un homme politique français porte des idées intéressantes, originales voire subversives ?
Réponse : à son absence totale ou quasi-totale d'exposition médiatique.
La preuve par Daniel Gluckstein, Jacques Cheminade ou encore François Asselineau.
Et à quoi reconnaît-on qu'un candidat à la présidentielle américaine porte des idées intéressantes, originales voire subversives ?
Réponse : à son absence totale ou quasi-totale d'exposition médiatique.
La preuve par Ron Paul.
D'un côté ou de l'autre de l'Atlantique : les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Ce gynécologue obstétricien, épiscopalien, membre du Parti républicain, élu puis réélu à neuf reprises au Congrès depuis 1976, qui s'était déjà présenté en 1988 sous l'étiquette du Parti libertarien (tout en restant adhérent du Grand Old Party) , présente un programme pour le moins décapant, qui, si il avait la moindre chance de l'emporter changerait durablement et de manière extrêmement profonde le visage de l'Amérique et par conséquent du Monde.
Quelles propositions révolutionnaires sont défendues par Ron Paul ?
Rien de moins que la sortie des Etats-Unis de grandes organisations internationales et supranationales comme l'ONU, l'OTAN, l'ALENA, l'OMC, le FMI, ou la Banque mondiale.
Mais ce n'est pas tout. Ce non-interventionniste s'oppose aux expéditions punitives américaines (il a voté contre la guerre en Irak en 2003), prône la fermeture des bases militaires US à travers la planète, souhaite en finir avec les subventions accordées à l'Etat hébreu, plaide pour une suppression de la CIA et la levée de l’embargo sur l’île de Cuba.
Sur le plan économique, il propose un retour à un dollar fort avec garantie-or et fustige dès que l'occasion se présente la FED (de nombreux accrochages avec Bernanke et Greenspan sont à signaler).
Il refuse aussi catégoriquement le projet d'Union nord américaine (Canada, Etats-Unis, Mexique) et la monnaie unique (Amero) qui pourrait accompagner ce grand dessein.
Ron Paul n'a jamais masqué non plus son hostilité et sa méfiance à l'égard de sociétés secrètes et para-gouvernementales comme le CFR, le Bilderberg ou la commission Trilatérale suspectées de vouloir instaurer à terme un gouvernement mondial (Jacques Attali dans ses récents écrits ne fait d'ailleurs pas mystère de ce projet, NDLR).
Mais comment se déroule la campagne de Ron Paul ?
Il compte en premier lieu sur les nombreux blogs, qui par leur activisme débordant, tentent de compenser la censure invisible orchestrée par les grands Networks et dont Ron Paul est la principale victime.
Lors du caucus du Nevada, Ron Paul a terminé deuxième derrière l'inénarrable mormon Mitt Romney.
Et il a réuni jusqu'à 25% des suffrages lors du caucus du Montana le 5 février dernier. Ce qui est exceptionnel pour un candidat évincé des média mainstream (MSM) et dont près de 47% des contributions proviennent uniquement de donations individuelles de moins de 200 dollars chacune!
La grande inconnue est celle-ci : pourra-t-il tenir jusqu'à la Convention? Si tel est le cas, alors les "grands réseaux médiatiques" ne pourront plus passer sous silence sa participation à cette élection. Car aussi incroyable que cela puisse paraître, très nombreux sont les Américains qui ignorent encore jusqu'à son existence.
Que faut-il désormais espérer pour l'après-campagne ? De plus en plus de soutiens du "Dr No" (le surnom de Ron Paul), très actifs sur le Net, avancent l'idée d'une alliance avec un autre "atypique", lui aussi très attaché au respect de la Constitution et aux libertés fondamentales, l'écologiste et avocat des consommateurs américains: Ralph Nader. Ce dernier ne cache pas son admiration pour Ron Paul et ne semble pas si opposé que cela à une entente avec le Congressman texan.
Preuve qu'aux Etats-Unis, gauche et droite peuvent s'entendre lorsqu'elles estiment que la maison brûle. A bon entendeur...
Autre question importante : comment expliquer que ni la gauche ni la droite française n'émettent un avis sur le "cas" Ron Paul ?
Outre le fait que nombre d'hommes politiques n'ont jamais entendu parler de lui, Ron Paul bouscule trop les schémas classiques pour ne pas déstabiliser une classe politique française encore persuadée (ou qui s'auto-persuade) que le débat se concentre uniquement entre les trois baudruches du système Clinton, MacCain et Obama (1).
Trois candidats qui sont d'accord sur l'essentiel et qui n'entraveront nullement les penchants impérialistes des Etats-Unis.
Le fait que le PS par exemple ne parle jamais de Ron Paul s'explique aussi (et peut-être surtout) en raison de sa dénonciation de l'avortement, de son refus de l'euthanasie (2), de ses critiques sur le principe du droit du sol, et de sa volonté d'abolir - en bon partisan d'un Etat fédéral minimal - l'Internal revenue service (l'impôt sur le revenu).
Si les sarkozystes n'évoquent pas plus sa participation, c'est en raison de sa condamnation des choix du clan néo-conservateur (clan qui est très apprécié par de nombreux membres de l'UMP), de ses attaques véhémentes contre le liberticide Patriot Act (qui a inspiré en France les lois Perben), sans oublier son insoumission à l'égard du complexe militaro-industriel et de la grande banque.
Enfin, pour dresser un tableau complet de la situation, il faut mentionner que Ron Paul est un des rares hommes politiques américains à réunir sur son nom des hommes et des femmes d'horizons extrêmement divers.
En effet, parmi ses plus fervents supporteurs, on recense des juifs, des catholiques, des vétérans, des pacifistes, des isolationnistes, des Noirs (3)...
Un personnage à suivre donc de près en espérant que Ron Paul ne soit pas abattu par un tireur "fou" ou ne décède dans un accident de la circulation dans les mois ou les années qui viennent...
Maurice Gendre
Notes
(1) Obama est soutenu par des personnages aussi peu recommandables que Brzezinski (membre du CFR), Dan Shapiro (qui entretient des relations très étroites avec le très influent lobby AIPAC) ou encore Dennis Ross dont le jeu trouble au Proche-Orient n'est plus à démontrer.
Clinton, elle, cette va-t'en-guerre incurable, était favorable au renversement du régime de Saddam et MacCain, lui, ne rêve que d'en découdre avec les mollahs iraniens.
(2) Cependant, bien qu’à titre personnel Ron Paul soit opposé à ces pratiques, là encore, il se prononce en faveur d’un choix des Etats fédérés. Même chose pour la légalisation des drogues. Il y est personnellement favorable mais souhaite laisser toute latitude aux Etats fédérés.
(3) Avec ces derniers, les rapports ont été parfois compliqués en raison de quelques déclarations de Ron Paul jugées "racistes" par ses détracteurs et les instances de la communauté afro-américaine.
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14:10 Publié dans INTERNATIONAL, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chalons en champagne, reims, politique, marne, front national, fn, marine le pen
25.06.2008
Le ton est rude…
Mais vise juste. Quel est « l’ordre du jour » des ministres des Affaires étrangères des « Vingt-Sept », lors de leur réunion le 16 juin 2008 à Luxembourg ?
Un « élargissement » de l’Union Européenne, ou « tout comme »…
Un partenariat « avancé » avec Israël devrait être entériné… Jean-Michel Vernochet vise juste…

Encore un « 16 » me direz-vous… Et fort justement Jean-Michel Vernochet rappelle un certain 16 mai 1916…
Démembrer les Etats souverains…
Mais nous préciserons aussi que les peuples ne font pas pour autant les nations…
Europe des nations ?Oui.
Europe des peuples ? Non !…
Par Jean-Michel Vernochet* :
« Dans quelques jours, Israël sera admis comme partenaire privilégié de l'Union européenne sans que les peuples d'Europe aient été consultés, ni même avertis d'une décision aussi lourde de conséquences pour leur avenir!
"[...] Last but not least, quatre jour après la ratification irlandaise, le
12 juin - si importante pour M. Bush - doit intervenir un autre fait d’une
importance capitale et qui éclaire l’ensemble des grandes manœuvres dont la
zone Europe-Méditerranée est actuellement le théâtre : le 16 juin à
Luxembourg, le conseil des ministres des affaires étrangères des Vingt-Sept
devrait entériner un partenariat avancé avec Israël.
Cela signifie une intégration quasi complète au sein du marché unique, dans les institutions européennes avec la participation des ministres israéliens dans les conseils européens et d'experts dans tous les programmes et groupes de travail, « ce qui équivaudrait à conférer à l'Etat juif un statut de quasi-membre de l'UE » comme le soulignait « Le Monde » dans son édition du 7 juin. La chose s’est préparé dans le silence feutré des chancelleries car apparemment rien n’avait filtré dans la grande presse – les archives du quotidien Le Monde sont muettes en 2007 sur cette question - histoire de mettre l’opinion devant le fait accompli. Nous avons ici une preuve supplémentaire que les vraies décisions, celles qui engagent le destin des nations ne sont pas connues du public, qu’elles sont soigneusement tues… Comme fut caché, dès l’origine, au début des années 40, les finalités réelles de la construction européenne…des objectifs pas très éloignés de ceux qui président aujourd’hui à la « Greater Middle East Initiative » : démembrer des États souverains et créer des entités fédérales sur des bases communautaristes… un prolongement et une amélioration substantielles de l’accord secret Sykes-Picot passé le 16 mai 1916 entre la France, la Grande-Bretagne et la Russie, lequel organisait le partage des dépouilles de l’Empire ottoman...

Est-ce aussi pure coïncidence si la tournée de M. Bush a démarré par la
Slovénie là où justement, en avril dernier, se tint la commission chargée de
finaliser cette discrète entrée de l’État hébreu dans la communauté des
Vingt Sept ? On comprend mieux alors la hâte de M. Sarkozy à réaliser cette
Union pour la Méditerranée si l’on considère avec un peu de recul, et dans
son ensemble, l’échiquier géostratégique proche-oriental […]"
*Ancien journaliste au Figaro. Dernier ouvrage publié : Manifeste pour une
Europe des Peuples . En collab., Éd. du Rouvre.
Ci-dessus : extraits de l'article : « LISBONNE » VIA DUBLIN ET TRIPOLI LES DÉFAITES DU PROJET EURATLANTIQUE publié le 12 juin 2008, ICI et ICI
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Point de vue d’Israël…
Par Alfred Tovias
Professeur d'économie européenne (chaire Walter Rathenau) et titulaire de la chaire Jean Monnet Université Juive de Jérusalem
POURQUOI L'ÉTAT D'ISRAEL DEVRAIT-IL ENTRER DANS L'UNION EUROPÉENNE ?
UN POINT DE VUE STRATÉGIQUE.
« Sa nature d'état membre contribuerait à réduire la dépendance stratégique et économique d'Israël vis-à-vis des Etats-Unis. Israël est un membre "virtuel" de l'OTAN. Son entrée dans l'Union européenne pourrait coïncider avec son entrée dans l'OTAN, ce qui est dans l'intérêt commun à la fois des Etats-Unis, d'Israël et de l'Union européenne. »
Un « intérêt commun » ? A quelle fin ?
Lire : ICI
Source:
10:31 Publié dans EUROPE, INTERNATIONAL, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chalons en champagne, reims, politique, marne, front national, fn, marine le pen
22.06.2008
Israël en passe d’obtenir un "statut spécial"
En 2004, l’Union européenne a lancé une nouvelle politique dite de "voisinage" (PEV) en direction des pays de l’Est et des pays méditerranéens, dont Israël. Chaque année, la Commission européenne élabore des rapports de "progrès" pour les pays bénéficiaires dont la présentation a été faite le 3 avril devant la presse par la commissaire aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner. Elle s’est félicitée des "avancées" enregistrées en 2007 dans la mise en œuvre des plans d’action. Pour remercier certains pays "méritants", comme l’Ukraine et le Maroc, elle a promis une augmentation pour 2008 de leurs allocations au titre de la "facilité de gouvernance".
Israël a eu droit à un traitement de faveur ; la commissaire a annoncé qu’un groupe de travail examinait les domaines dans lesquels les relations avec l’Union européenne pourraient acquérir un "statut spécial". Il s’agirait en particulier d’approfondir le dialogue politique et d’associer plus étroitement Israël à l’économie et au marché européens ainsi qu’à un certain nombre de politiques communautaires. C’est presque la première marche d’une future adhésion d’Israël à l’Union européenne ! La commissaire confirme qu’un processus est engagé pour une "revalorisation" (upgrading) de la position d’Israël vis-à-vis de l’Union européenne. Effectivement, des négociations se déroulent actuellement dans le plus grand secret (sans consultation, ni information du Parlement européen et des parlements nationaux) sur la base " d’un cahier de revendications" soumis par le gouvernement israélien fin 2007 concernant ses relations avec l’Union européenne.
Il n’a pas hésité à demander à participer comme observateur aux réunions du Conseil des ministres et à être intégré dans les mécanismes communautaires dans les domaines politique, économique, de sécurité, de régulation et de gestion du marché intérieur ainsi que dans l’essentiel des programmes communautaires. Il souhaite être membre de toutes les agences spécialisées et participer aux travaux de normalisation. Il demande aussi à être intégré dans les travaux internes sur les marchés des capitaux et les services financiers dont il fait un "thème clé" significatif de la "revalorisation" souhaitée. Sa participation devrait concerner les énergies renouvelables, les transports, les médias, la jeunesse, l’enseignement supérieur et la culture. Pour les politiques de l’emploi et les politiques industrielles, il se "contenterait" d’une concertation structurée. Bien entendu, ce statut spécial devrait s’accompagner d’une structure parlementaire conjointe.
Si l’on s’en tient aux propos de la commissaire, on comprend qu’Israël serait en train d’obtenir satisfaction, du moins de la part de la Commission car il semblerait qu’au Conseil certains pays n’y seraient pas favorables. Ils auront l’occasion de s’exprimer au prochain Conseil des ministres des Affaires étrangères des 27 et du Conseil d’association UE-Israël le 16 juin. La mise en œuvre de ce "statut spécial" pour Israël au sein de l’Union européenne prolonge les récentes décisions du gouvernement français. En janvier 2008, il a signé avec Israël un accord de reconnaissance mutuelle qui permettra aux sociétés israéliennes d’intégrer la Bourse française sans avoir été soumis aux vérifications de régulateurs. Cet accord boursier pourrait être étendu à toute l’Union européenne. Des programmes de recherche-développement ont été mis en place, notamment dans le domaine militaire. On parle même de la participation d’une unité de Tsahal (armée israélienne) au défilé militaire du 14 juillet 2008.

Au lieu de jouer un rôle positif pour essayer de débloquer le processus de paix, au lieu de condamner et de sanctionner l’Etat israélien qui poursuit sa politique de colonisation et de répression et refuse de respecter ses obligations à l’égard du droit international, la Commission européenne le récompense et renforce sa coopération. La Commission célèbre à sa façon le 60ème anniversaire de l’occupation de la Palestine par Israël qui a entraîné l’exil de plus de 800 000 Palestiniens
Source : voxnr.com
12:18 Publié dans EUROPE, INTERNATIONAL, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chalons en champagne, reims, politique, marne, front national, fn, marine le pen
19.06.2008
21 FEVRIER 1966 : RETRAIT DE L'OTAN
CONFERENCE DE PRESSE de CHARLES DE GAULLE
Alors nous parlons de l'OTAN. Rien ne peut faire qu'une loi s'impose sans amendement quand elle n'est plus en accord avec les moeurs. Rien ne peut faire qu'un traité reste valable intégralement quand son objet s'est modifié. Rien ne peut faire qu'une alliance demeure telle quelle quand ont changé les conditions dans lesquelles on l'avait conclue. Il faut alors adapter aux données nouvelles la loi, le traité, l'alliance, sans quoi, les textes, vidés de leur substance, ne seront plus, le cas échéant, que de vains papiers d'archives, à moins que ne se produise une rupture brutale entre ces formes désuètes et les vivantes réalités.

Eh bien ! Si la France considère qu'encore aujourd'hui il est utile à sa sécurité et à celle de l'Occident qu'elle soit alliée à un certain nombre d'Etats, notamment à l'Amérique, pour leur défense et pour la sienne dans le cas d'une agression commise contre l'un d'eux, si la déclaration faite en commun à ce sujet, sous forme du traité de l'Alliance Atlantique signé à Washington le 4 avril 1949, reste à ses yeux toujours valable, elle reconnaît, en même temps, que les measures d'application qui ont été prises par la suite ne répondent plus à ce qu'elle juge satisfaisant, pour ce qui la concerne, dans les conditions nouvelles.
Je dis : les conditions nouvelles. Il est bien clair, en effet, qu'en raison de l'évolution intérieure et extérieure des pays de l'Est, le monde occidental n'est plus aujourd'hui menacé comme il l'était à l'époque où le protectorat américain fut organisé en Europe sous le couvert de l'OTAN. Mais, en même temps que s'estompaient les alarmes, se réduisait aussi la garantie de sécurité, autant vaut dire absolue, que donnaient à l'ancien continent la possession par la seule Amérique de l'armement atomique et la certitude qu'elle l'emploierait sans restriction dans le cas d'une agression. Car, la Russie soviétique s'est, depuis lors, dotée d'une puissance nucléaire capable de frapper directement les Etats-Unis, ce qui a rendu, pour le moins, indéterminées les décisions des Américains quant à l'emploi éventuel de leurs bombes et a, du coup, privé de justification — je parle pour la France — non certes l'alliance, mais bien l'intégration.
D'autre part, tandis que se dissipent les perspectives d'une guerre mondiale éclatant à cause de l'Europe, voici que des conflits où l'Amérique s'engage dans d'autres parties du monde, comme avant-hier en Corée, hier à Cuba, aujourd'hui au Viêt-Nam, risquent de prendre, en vertu de la fameuse escalade, une extension telle qu'il pourrait en sortir une conflagration générale. Dans ce cas, l'Europe, dont la stratégie est, dans l'OTAN, celle de l'Amérique, serait automatiquement impliquée dans la lutte lors même qu'elle ne l'aurait pas voulu. Il en serait ainsi pour la France, si l'imbrication de son territoire, de ses communications, de certaines de ses forces, de plusieurs de ses bases aériennes, de tels ou tels de ses ports, dans le système militaire sous commandement américain devait subsister plus longtemps. Au surplus, notre pays, devenant de son côté et par ses propres moyens une puissance atomique, est amené à assumer lui-même les responsabilités politiques et stratégiques très étendues que comporte cette capacité et que leur nature et leurs dimensions rendent évidemment inaliénables. Enfin, la volonté qu'a la France de disposer d'elle-même, volonté sans laquelle elle cesserait bientôt de croire en son propre rôle et de pouvoir être utile aux autres, est incompatible avec une organisation de défense où elle se trouve subordonnée.
Par conséquent, sans revenir sur son adhésion à l'Alliance Atlantique, la France va d'ici au terme ultime prévu pour ses obligations et qui est le 4 avril 1969, continuer à modifier successivement les dispositions actuellement pratiquées, pour autant qu'elles la concernent. Ce qu'elle a fait hier à cet égard en plusieurs domaines elle le fera demain dans d'autres, tout en prenant, bien entendu, les dispositions voulues pour que ces changements s'accomplissent progressivement et que ses Alliés ne puissent en être soudain et de son fait incommodés. En outre, elle se tiendra prête à régler avec tels ou tels d'entre eux, et suivant la façon dont elle a déjà procédé sur certains points, les rapports pratiques de coopération qui paraîtront utiles de part et d'autre, soit dans l'immédiat, soit dans l'éventualité d'un conflit. Cela vaut naturellement pour la coopération alliée en Allemagne. Au total, ils 'agit de rétablir une situation normale de souveraineté, dans laquelle ce qui est français, en fait de sol, de ciel, de mer et de forces, et tout élément étranger qui se trouverait en France, ne relèveront plus que des seules autorités françaises. C'est dire qu'il s'agit là, non point du tout d'une rupture, mais d'une nécessaire adaptation.
14:30 Publié dans INTERNATIONAL, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chalons en champagne, reims, politique, marne, front national, fn, marine le pen
18.06.2008
OTAN : QUAND LA FRANCE REDEVINT LIBRE
Le 7 mars 1966, de Gaulle sort de l'OTAN
par Raphaël Dargent *
Aboutissement d'un long processus, la décision que prend le Général couronne une politique de défense indépendante. Au-delà du pragmatisme, elle se fonde sur un principe essentiel à ses yeux : celui de la souveraineté nationale. Une politique qui fait figure aujourd'hui de glorieuse parenthèse.
*Directeur de la revue Libres publiée chez F.-X. de Guibert. Dernier numéro paru : « Vous avez dit gaulliste ? »
Allié mais pas vassal
Le 7 mars 1966, le général de Gaulle adresse à son homologue américain, Lyndon Johnson, une courte lettre qui aura l'effet d'une bombe. Il y annonce le retrait de la France de l'OTAN : « La France, écrit-il, considère que les changements accomplis ou en voie de l'être, depuis 1949, (…) ainsi que l'évolution de sa propre situation et de ses propres forces, ne justifient plus (…) les dispositions d'ordre militaire prises après la conclusion de l'alliance. (…) La France se propose de recouvrer sur son territoire l'entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d'éléments militaires alliés ou par l'utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements « intégrés » et de ne plus mettre de forces à la disposition de l'OTAN. (…) La France croit devoir (…) modifier la forme de notre alliance sans en altérer le fond. »
Dans sa brutalité, cette lettre est le fruit d'une évolution engagée de longue date par le Général, en réalité dès son retour au pouvoir. À y regarder de près, elle constitue un formidable condensé de sa politique étrangère, une politique certes pleine de pragmatisme mais fondée sur la doctrine de l'indépendance. Une politique à laquelle la France a, peu à peu, tourné le dos.
Trouver un moyen de sortir
Le 14 avril 1966, René Pleven s'en prend avec force à la décision du Général lors d'un débat à l'Assemblée nationale. Il dénonce notamment « la hâte si insolite, les délais si brefs » d'une telle décision. Il accuse le gouvernement : « Vous nous avez trompés sur vos intentions, vous ne les avez pas dites à la nation. » Pleven feint la surprise et joue la comédie. Comment pourrait-il ignorer, lui l'ancien ministre de la Défense, si attentif à la question, le caractère au contraire continu et progressif de la politique du Général vis-à-vis de l'organisation atlantique ? Comment peut-il s'étonner d'une décision, maintes fois évoquée par le Général et qui fit, de surcroît, l'objet de nombreuses dispositions préparatoires dans les années précédentes ? Cette décision constitue tout sauf une surprise ; elle couronne l'aboutissement d'une politique.
En effet, dès le 17 septembre 1958, trois ans à peine après son retour au pouvoir, le général de Gaulle fait parvenir au général Eisenhower, Président des Etats-Unis, et à Harold Macmillan, Premier ministre britannique, un mémorandum dans lequel il constate que « l'organisation actuelle de l'alliance occidentale ne répond plus aux conditions nécessaires de la sécurité » ; en outre, il réclame une direction désormais tripartite de l'Alliance (Etats-Unis, Grande-Bretagne et France) et « y subordonne tout développement de sa participation actuelle à l'OTAN ». Devant le refus poli des Anglo-Saxons, il adapte aussitôt son attitude. Le 11 mars 1959, il décide de soustraire au commandement de l'OTAN nos forces navales de Méditerranée. En juin, il fait savoir son refus de stocker sur le territoire national des armes nucléaires étrangères, ce qui contraint les États-Unis à transférer hors de France deux cent avions militaires.
La France s'engage alors, sans la coopération de ses alliés, dans son propre programme nucléaire, et c'est en février 1960 qu'explose la première bombe atomique française dans le désert du Sahara. En janvier 1963, le Général rejette la proposition américano-britannique de créer une force nucléaire multilatérale dans l'OTAN et menace de quitter l'organisation si celle-ci se fait malgré son avis. C'est d'ailleurs dans ce contexte qu'il met son veto à l'entrée dans le Marché commun de la Grande-Bretagne, jugée trop atlantiste. Enfin, le 21 juin 1963, la France retire ses forces navales de l'Atlantique et de la Manche du commandement allié.
Ce rappel chronologique le montre assez nettement : ce n'est pas du jour au lendemain que le Général décide de retirer notre pays de l'OTAN. Il n'y a donc pas lieu d'être surpris. En réalité, ce retrait est non seulement progressif mais programmé.
Au sujet du mémorandum de 1958, c'est bien plus tard que le Général révèlera ses véritables intentions, à demi mots : « Dès septembre 1958, écrira-t-il, je hisse les couleurs. (…) Ainsi que je m'y attends, les deux destinataires de mon mémorandum me répondent évasivement. Rien ne nous retient donc d'agir. »
Devant Alain Peyrefitte, il sera beaucoup plus clair : « Ce mémorandum n'était qu'un procédé de pression diplomatique. Je cherchais alors à trouver un moyen de sortir de l'OTAN et de reprendre ma liberté, que la IVe République avait aliénée. Alors, j'ai demandé la lune. J'étais sûr qu'on ne me l'accorderait pas. (…) Mais en ne répondant pas à mon mémorandum, ils m'ont permis de prendre des dispositions qui m'amenaient à sortir peu à peu de l'OTAN, ce que je n'aurais pas pu faire si je n'avais pas d'abord essuyé ce refus. En fait, c'est ce que nous avons fait pas à pas depuis 1958. »
« Pas à pas », dit-il, et c'est bien ainsi que l'on doit comprendre sa politique. Celle-ci, souhaitée de longue date, sera mise en œuvre étape après étape, avec résolution mais avec habileté. Aussi sera-t-elle continue mais progressive. Il s'agira de ménager les susceptibilités de nos alliés et ne pas brûler nos vaisseaux, il s'agira d'avancer chaque fois un peu plus loin à mesure de notre propre renforcement et d'attendre, pour sauter le pas, que la France soit à nouveau redevenue maîtresse de son destin. De Gaulle cherchait donc dès son retour au pouvoir « un moyen d'en sortir ». Pourquoi ? Comme toujours chez lui, il faut distinguer ce qui tient aux circonstances et ce qui tient aux principes, faire la part du pragmatisme et celle de la doctrine.
S'adapter aux données nouvelles
De Gaulle est un pragmatique, on ne le dit que trop, et c'est en pragmatique qu'il justifiera sa décision. Dans le texte du mémorandum de septembre 1958, précédemment évoqué, le Général mettra en avant des arguments liés aux réalités géostratégiques pour appuyer ses propositions de réforme de l'organisation atlantique. C'est ce qu'il fera toujours, jusqu'à la décision du 7 mars 1966. D'abord dans sa conférence de presse du 5 septembre 1960 : « Depuis dix ans, il y a eu beaucoup de changement. (…) La France considère que ce qui avait été fait il y a dix ans sur la base de l'intégration doit être mis à la page. (…) Le traité doit être révisé. Du reste, vous savez que le Traité de l'Alliance Atlantique-Nord a été fait en spécifiant qu'il pourrait être révisé après dix ans, et les dix ans sont écoulés. » Á ceux qui s'étonneront d'une telle audace, il ne manquera pas de répondre pour préciser sa pensée. Ainsi s'explique-t-il devant les Français le 21 février 1966, comme pour annoncer sa décision et préparer l'opinion : « Rien ne peut faire qu'une loi s'impose sans amendement quand elle n'est plus en accord avec les mœurs. Rien ne peut faire qu'un traité reste valable intégralement quand son objet s'est modifié. Rien ne peut faire qu'une alliance demeure telle quelle quand ont changé les conditions dans lesquelles on l'avait conclue. Il faut alors adapter aux données nouvelles la loi, le traité, l'alliance, sans quoi, les textes, vidés de leur substance, ne seront plus, le cas échéant, que de vains papiers d'archives, à moins que ne se produise une rupture brutale entre ces formes désuètes et les vivantes réalités. (…) Si la déclaration faite en commun (…) sous forme du Traité de l'Alliance atlantique signé à Washington le 4 avril 1949, reste à ses yeux toujours valable, elle [la France] reconnaît, en même temps, que les mesures d'application qui ont été prises par la suite ne répondent plus à ce qu'elle juge satisfaisant, pour ce qui la concerne, dans les conditions nouvelles. »
Justement, ces conditions nouvelles, quelles sont-elles ?
Le Général constate d'abord que si l'OTAN a été organisée en 1949 dans le cadre de la Guerre froide afin de contenir, et éventuellement de contrer, l'Union soviétique, force est de constater, au milieu des années 1960, que la menace sur le monde, et notamment sur l'Europe, est sérieusement retombée. Il souligne d'autre part que l'équilibre nucléaire entre les deux mastodontes que sont les États-Unis et l'URSS a fortement infléchi la doctrine américaine, et que la nouvelle stratégie qui en découle, dite de « riposte graduée », ne garantit plus l'Europe d'une intervention américaine en cas d'agression atomique.
Il note ensuite que l'Amérique s'engage désormais dans des conflits lointains - c'est le cas au Vietnam -, conflits qui par le système de l'alliance risquent d'entraîner la France dans des guerres qu'elle ne souhaite pas. Enfin, et surtout, il affirme que l'Europe et a fortiori la France ne sont plus dans la situation catastrophique de l'après-guerre ; la France notamment s'est dotée de son propre armement nucléaire et cela change considérablement la donne : elle peut non seulement se défendre seule mais peut désormais faire entendre sa voix au sujet de la défense de l'Europe. Georges Pompidou, alors Premier ministre, reprendra le même argumentaire lorsque le 13 avril 1966 il justifiera la décision gaullienne devant l'Assemblée nationale.
Recouvrer sa pleine souveraineté
Il ne s'agissait évidemment pas pour de Gaulle de s'opposer par principe aux Américains. Les États-Unis étaient nos alliés et le restaient, il le rappellera maintes fois. On sait comme il assurera de son soutien sans faille le président Kennedy lors de la crise de Cuba. Mais tout en réaffirmant le principe de l'Alliance atlantique signée en 1949, le Général s'opposera avec force à l'intégration qui présidait à l'organisation militaire de l'Alliance. Le Traité de 1949 est une chose, l'organisation militaire qui en découle en est une autre. Il n'aura de cesse de faire la distinction entre les deux. Ainsi déclare-t-il le 5 septembre 1960 : « « Il nous paraît que la défense d'un pays, tout en étant combinée, bien entendu, avec celle d'autres pays, doit avoir un caractère national. (…) La France ne peut évidemment pas laisser son propre destin et même sa propre vie à la discrétion des autres. Voilà ce que la France entend par la réforme de cette organisation atlantique, tout en répétant qu'il ne s'agit absolument pas de se séparer les uns des autres, car jamais l'Alliance atlantique n'a correspondu à un besoin aussi profond. » C'est dire si, dans l'esprit du Général, la France n'est utile à ses Alliés que dans la mesure où elle a les mains libres. Sa décision de quitter l'OTAN prise, il précisera ainsi le 21 février 1966 « qu'il s'agit là, non point du tout d'une rupture, mais d'une nécessaire adaptation. »
Dans l'aide-mémoire qu'il remettra le 10 mars 1966 aux quatorze représentants des membres de l'OTAN, il écrira : « L'Alliance doit se poursuivre aussi longtemps qu'elle apparaîtra nécessaire. Ceci étant affirmé sans équivoque. » En réalité, s'il défend l'alliance, il refuse la subordination, s'il reconnaît la vertu de l'association, il conteste celle de l'intégration. Et c'est bien là ce que Georges Pompidou affirmera le 13 avril 1966 : « Nous n'avons cessé, depuis des années, de proclamer aussi bien notre fidélité à l'Alliance atlantique, c'est-à-dire au traité d'avril 1949, que notre volonté de remettre en cause l'organisation militaire intégrée qui lui avait été superposée. »
L'intégration, voilà bien ce que refuse de Gaulle. Là-dessus, il est inflexible et d'une remarquable constance. Dans sa conférence de presse du 9 septembre 1965, il est par exemple sans ambiguïté : « Nous pouvons et, par conséquent, nous devons avoir une politique qui soit la nôtre. Laquelle ? Il s'agit, avant tout, de nous tenir en dehors de toute inféodation. Certes, dans des domaines multiples, nous avons les meilleures raisons de nous associer avec d'autres. Mais à condition de garder la disposition de nous-mêmes. C'est ainsi, qu'aussi longtemps que la solidarité des peuples occidentaux nous paraîtra nécessaire à la défense éventuelle de l'Europe, notre pays restera l'allié de ses alliés, mais qu'à l'expiration des engagements pris jadis, c'est-à-dire au plus tard en 1969, cessera, pour ce qui nous concerne, la subordination qualifiée d'"intégration" qui est prévue par l'OTAN et qui remet notre destin à l'autorité étrangère. » « Inféodation », « subordination », « autorité étrangère » les mots ont dû sembler très durs aux oreilles de nos alliés ; ce sont pourtant ceux qu'employait le Général quand il évoquait l'intégration.
Selon lui, accepter l'intégration revenait à accepter que les armements français soient placés sous commandement étranger, en l'occurrence américain. Cela, il ne pouvait l'accepter. Ainsi déclare-t-il, lors du conseil des ministres du 23 mars 1966 : « L'essentiel de la défense française, aujourd'hui, c'est l'arme atomique. Or, elle n'est pas intégrée. Et la défense américaine, est-ce qu'elle est intégrée ? Les forces américaines sont sous des commandements américains. Les forces alliées sont aussi sous des commandements américains. Il y a deux poids et deux mesures de l'intégration. »
Il faut noter que de Gaulle refuse absolument le principe de l'intégration et ce, quel que soit par ailleurs le sujet, qu'il s'agisse de l'OTAN ou de l'Europe. Pourquoi le Général aurait-il accepté une organisation intégrée de l'Alliance atlantique alors qu'il contestait une telle organisation pour le Marché commun ? Il s'oppose d'ailleurs sur ce point aux conceptions allemandes. « L'idée allemande est que l'intégration est bonne pour tout le monde. En réalité, elle est bonne pour eux. (…) Le mythe de l'intégration leur était commode parce qu'il permettait au vainqueur et au vaincu d'être dans le même sac. C'était le système Monnet. Il est agréable pour les Allemands et inacceptable pour nous. »
J'ai dit que le Général ne s'opposait pas par principe aux Américains. Mais c'est pourtant un principe qu'il opposera aux volontés atlantiques d'intégration. Et c'est là le point central. Au-delà des considérations stratégiques du moment, au-delà des arguments pragmatiques qu'on a souligné, au-delà même des précautions tactiques dont on a dit que le Général pouvait user, un principe domine véritablement et ordonne toute la politique de De Gaulle : celui de la souveraineté nationale.
C'est ce qu'il dira aux Français le 21 février 1966 : « Au total, il s'agit de rétablir une situation normale de souveraineté, dans laquelle ce qui est français, en fait de sol, de ciel, de mer et de forces, et tout élément étranger qui se trouverait en France, ne relèveront plus que des seules autorités françaises. » C'est ce qu'il dira aussi à ses ministres lors du conseil du 16 mars de la même année : « « Il faudra récupérer beaucoup de choses ; la plus importante d'entre elles, c'est quand même notre souveraineté. » C'est ce qu'il leur répétera lors du conseil du 13 avril suivant : « Notre intérêt commun, c'est l'Alliance. Nous y sommes avec l'Allemagne et nous y restons avec eux. Non pas sur les mêmes bases qu'auparavant, mais comme l'Etat souverain que nous sommes redevenus. »
Souveraineté. Voilà un principe que René Pleven et ses amis, qui signèrent une pétition contre la décision du Général, avaient bien du mal à admettre. Dans sa harangue au gouvernement, le 14 avril 1966, Pleven lui reprochera en effet de céder à la « mystique de l'indépendance nationale absolue » (pourquoi « absolue » ? existe-t-il seulement une indépendance « relative » ?) et condamnera « le retour à l'égoïsme sacré », rengaine qui depuis a fait fortune.
Souveraineté, souveraineté… Le président américain Lyndon Johnson a, lui aussi, une étrange conception du principe, si l'on en croit la réponse qu'il fait à de Gaulle le 22 mars 1966 : « Votre point de vue selon lequel la présence de forces militaires alliées sur le sol français porte atteinte à la souveraineté française me laisse perplexe… J'ai toujours considéré leur présence comme une manière sage et prévoyante d'exercer la souveraineté française. » Etrange en effet de considérer qu'un pays exerce sa souveraineté quand il décide de ne justement plus…l'exercer, pour la confier à d'autres. Conception qui, elle aussi, a fait depuis bien des émules, réunis sous l'agréable bannière de la « souveraineté partagée ».
La parenthèse de Gaulle
La décision prise, les 28 000 militaires américains stationnés en France devront par conséquent quitter le territoire. Perspective que le Général envisageait résolument et depuis longtemps.
Sur ce point, le témoignage d'Alain Peyrefitte est éclairant. Le 18 novembre 1964, de Gaulle déclare à son ministre de l'Information : « Si je claque la porte à tout le saint-frusquin de l'OTAN, qu'est-ce qu'il [le président Johnson] peut faire contre moi ? Rien. (…) Notre position est incomparable. Il n'y a personne d'autre qui soit capable d'avoir une politique indépendante, excepté la Chine. (…) Si je veux, je supprime l'OTAN et le commandement américain en Europe, je renvoie Lemnitzer [le commandant en chef de l'OTAN], et tous les Américains qui sont ici. » Le 9 décembre de la même année, il lui annonce : « Tous les types qui sont au SHAPE vont être obligés de quitter la France. » Et, le 16 décembre suivant : « Entre nous et les Américains, sous des dehors courtois, c'est la lutte. Nous sommes les seuls qui leur tiennent tête ; alors, ils ont décidé de nous combattre durement. Tels qu'ils sont, les Américains, c'est-à-dire une démocratie, ça n'ira pas très loin. Seulement, ça ira tout au moins jusqu'à ce qu'ils quittent la France. Leurs troupes et leurs chefs. »
Ses ministres pouvaient voir d'abord dans ce déménagement des difficultés pratiques à régler ; de Gaulle, lui, n'y voyait qu'une question de principe. Là aussi, l'intendance suivrait. Au conseil du 9 mars 1966, il constate : « Nous sommes un pays dans lequel, depuis vingt-cinq ans, il n'est pas né un Français qui se souvienne d'une France sans troupes étrangères. Ça ne peut pas durer éternellement. » Au conseil restreint du 2 juin suivant, il est encore plus catégorique : « Ce qu'il faut, c'est enlever les soldats américains ; sinon, il n'y a pas de raison qu'ils ne restent pas éternellement chez nous, comme en pays occupé. » De Gaulle comparant en conseil la présence des soldats US à celle d'une force d'occupation, n'est-ce pas une preuve supplémentaire de son puisant attachement à l'indépendance nationale ?
Inutile de dire que, face à cette fermeté gaullienne, les autorités d'outre-Atlantique ne resteront pas de marbre. Au contraire, elles sauront organiser la riposte, provoquant une vague de francophobie (déjà !) dans l'opinion américaine, l'ambassadeur Bohlen souhaitant même réveiller l'opinion française contre de Gaulle et pariant sur un changement de pouvoir lors des législatives de 1967. Michel Debré dans ses Mémoires note à ce sujet : « A la suite de la décision prise par le général de Gaulle de mettre fin à l'absurde "intégration" qui plaçait nos armées et, de ce fait, notre politique de défense sous le commandement américain et malgré le maintien de l'essentiel, c'est-à-dire le Pacte atlantique, nos rapports avec les dirigeants de Washington manquent de chaleur. C'est le moins que je puisse dire ! (…) Quel que soit l'éclat universel dont bénéficie le Général, ces dirigeants ne peuvent concevoir que l'Occident ne les suive pas aveuglément. Il est clair que l'administration et, avec elle, l'ensemble de ceux qui comptent aux Etats-Unis traitent d'une manière soupçonneuse la France du général de Gaulle et regrettent le temps des gouvernements obéissants de la IVe République. »
C'est bien ces gouvernements-là, peut-être celui de René Pleven, que regretteront en effet les États-Unis. En témoigne la circulaire qu'enverra le secrétaire d'État Dean Rusk à tous les ambassadeurs américains des pays de l'OTAN : « Nous devons accorder peu d'importance aux opinions gaullistes. Nous devons agir avec l'idée que le leadership de De Gaulle en France est temporaire, qu'il sera remplacé par un gouvernement plus attentif aux souhaits de l'opinion publique, et donc plus favorable à l'OTAN » - chose en effet qui ne manquera pas de se produire quelque trente ans plus tard.
Quant aux autres alliés, membres de l'OTAN et souvent européens, après avoir désavoué la position française de mars 1966, ils resteront fidèles au principe de l'intégration. D'ailleurs, la défense européenne n'a jamais été envisagée par eux que comme une composante d'une défense atlantique. C'est ainsi que le Traité de Maastricht qu'adopta la France en 1992, tout comme le Traité constitutionnel européen qu'elle a rejeté en 2005, consacrèrent le principe d'une politique européenne de sécurité commune « compatible » avec les options principales de l'OTAN. Récemment encore, au Parlement européen, les pays nouvellement admis dans l'Union européenne exhibaient à grand renfort d'affiches leur euro-atlantisme.
Finalement, en décembre 1995, la France réintégrait, après un rapprochement progressif, le comité militaire et le conseil des ministres de l'OTAN, avec le fol espoir d'influer sur la réforme de l'organisation. Las, alors que la fin de l'Union soviétique aurait en effet justifié une réforme profonde de l'OTAN et peut-être sa complète remise à plat, perspective que seul réclama l'ancien Premier ministre Pierre Messmer , le système au contraire s'orienta vers une domination plus grande des Etats-Unis et de l'intégration. Paul-Marie de La Gorce, qui n'était pas en la matière le moins informé et qui n'était pas non plus homme à formules outrancières, pouvait titrer alors sur le « retour honteux de la France dans l'OTAN ».
Ainsi, la politique résolue du général de Gaulle vis-à-vis de l'OTAN, politique, progressivement affirmée jusqu'au point d'orgue du 7 mars 1966, politique pragmatique mais fondée sur le principe de la souveraineté nationale, politique qui seule eût permis une défense européenne indépendante, n'avait été qu'une parenthèse. L'Histoire n'en finira donc jamais de nous surprendre. Contestant de Gaulle, René Pleven affirmait en 1966 que « la grandeur d'un pays n'est pas d'avoir les mains libres. » Force est de constater, quarante ans après, que c'est au héraut de la IVe République que l'on a donné raison.
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AMITIE FRANCO-IRLANDAISE : LA "BRIGADE IRLANDAISE" ET LES "OIES SAUVAGES"
La Brigade irlandaise est une brigade constituée des régiments irlandais qui se sont mis au service de Louis XIV après la défaite de Jacques II à la bataille de la Boyne.

Les irlandais exilés à cette époque ont été appelé les "Wild geese", les "Oies sauvages" en français.
Origine de l'exil
Le 16 novembre 1688, Guillaume d’Orange débarque à Torbay en Angleterre pour s’opposer au roi d’Angleterre le catholique Jacques I










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